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son personnage ! de tous les vices, de tous les défauts, de tous les travers : il est vaniteux, sot, pédant, fat, stupide, ignorant, avare, injuste, prévaricateur, il parle une langue surannée, a la manie de compter ses pas aussi exactement que ses pistoles... Dans cette accumulation confuse et embrouillée, les traits se heurtent, se contredisent et s'annulent. Oubliant qu'il nous avait appris que
Les autheurs des deux belles langues Sont exclus de son cabinet,
Mainard relate trois quatrains plus loin :
On diroit que le neuf Pucelles L'ont eslevé dans leur giron, Et qu'il a des frazes plus belles Qu'Isocrate ny Ciceron.
Son ode du Polti^on2 se décompose nettement en deux parties dont la première seule mérite ce titre. La seconde qui comprend les quatre derniers quatrains est un avertissement donné aux ennemis du poète. Qu'ils se tiennent sur leurs gardes s'ils ne veulent pas que Mainard promène leur honte par tout l'univers ! L'ode satirique du Théologien 3 est un assemblage de quatrains qui se suivent, mais ne s'enchaînent nullement. On pourrait les disposer dans un autre ordre, sans que le sens du morceau en souffre. Pourquoi à la strophe VI sur le livre du théologien « qui ne fera ni bien ni mal aux calvinistes de France », succède la strophe VII où l'auteur assure que les imprimeurs de cet ouvrage vont faire banqueroute, plutôt que la strophe XI où Mainard déclare que « dans ce misérable ramas » les docteurs de l'Eglise parlent un langage d'hérétique» ? L'examen du brouillon de cette pièce est, à ce point de vue, particulièrement intéressant. La strophe XI y figure à la place de la
1. III, p. 158. — Noter, de plus, que les deux premiers quatrains présentent une double introduction.
2. Dans l'exemplaire des Œuvres de Mainard, éd. de 1646, de la Bibl. de l'Arsenal, cette ode (éd. Garriss., t. III, p. 163) est intitulée Le Poltron.
3. C'est le titre que porte, dans l'exemplaire des Œuvres de 1646 de Mainard, appartenant à la Bibliothèque de l'Arsenal, l'ode qui figure à la p. 165 du t. III de l'éd. Garrisson.
strophe IV et la strophe XII est au lieu de la strophe VI, enfin la strophe VII du texte y est la strophe finale ' .
Certes, l'agencement de ses épîtres et de ses odes élégiaques et morales dénote maintes maladresses. Mais, comme l'inspiration soutient notre poète, qu'il a rempli ses poésies personnelles d'un souffle sincère, l'unité s'y établit d'elle-même et les impressions que laissent ses strophes se succèdent en gradation ascendante jusqu'à la strophe finale qui condense l'effet produit par toute la pièce.