‹ Le poète François MainardChapitre 320 sur 375 · Lettres CXLIX et CCXXXV · texte numérisé non relu

Lettres CXLIX et CCXXXV

j'ay tousiours crcu plus scavant en nostre grammaire que tous ceux qui se meslent de la raffiner1 ».

Cette admiration à l'égard de Malherbe écrivain et versificateur se traduit par l'emploi indiscret qu'il fait de sa rhétorique, par le respect des règles posées par son maître relatives au style, par l'adoption des tendances de sa syntaxe et de sa versification.

Mainard aime se servir des expressions que Malherbe a employées. Gomme lui, il dira âge penchant pour « vieillesse »2; se souvenant du vers de Malherbe :

Le plus beau de nos jours est eu leurs matinées,

il écrira, avec moins de propriété dans les termes :

Ma vie a desjà passé

Ses plus belles matinées 8.

Il accolera au même substantif le môme adjectif : notre capital ennemi' ; empruntera à Malherbe des hémistiches tout entiers : le temps qui toujours vole; montrera de l'inclination ** pour les abstraits : la jaune beauté des moissons... les palais y sont pleins d'orgueil et d'insolence... Chaud amy... rare bonté que j'admire \ La prédilection que montre Mainard pour l'emploi, à côté de noms exprimant une division du temps, de déterminatifs précis est un des traits qui marque excellemment l'admiration qu'il professe pour les procédés de style de son maître.

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