Lettre CCLXVIII
2. Mainard, t. III, p. 95. — Malherbe, vers insérés dans sa lettre XI à Racan, éd. Lalanne.
3. Mainard, t. III, p. 177, str. 3. — Malherbe, Sur le mariage du roi et de la renie ; str. finale.
4. Mainard, t. III, p. 254, v. 22. — Malherbe, Pour la reine, pendant sa régence, JFragmentsJ str. 13.
5. Mainard, t. III, p. 213, v. 5. — Malherbe, stances. Quoi donc ma lâcheté.., st. 8, v. 1.
6. Mainard, t. III, p. 253, v. 21 ; p. 44, v. 6; p. 200, v. 18. — Cf. Malherbe : Un fleuve impétueux qui :
Oto aux campagnes voisines L'espérance des moissons.
(Au roi Henri le Grand sur son voyage de Sedan, st. $J... Faire mourir l'insolence des crimes (Sonnet à Richelieu : Peuples ça de l'encens...)
En rencontrant des expressions comme mille tourmens, Malherbe s'écriait d'un ton moqueur : « peut-être n'y en avait-il que quatre-vingt-dix-neuf » et « estimoit qu'il y avait de la grâce à nombrer nécessairement » 1. C'est surtout quand il s'agit de mois, de saisons ou d'années qu'il aime employer un nom de nombre précis — trait qu'il a pris, remarque M. Counson2, à Horace.
Depuis que tu n'es plus, la campagne déserte
A dessous deux hivers perdu sa robe verte
Et deux fois le printemps l'a repeinte de fleurs'.
C'est une des exigences de Malherbe qui embarrassèrent le plus Racan ; il s'y soumit tant bien que mal du vivant de son maître, mais ensuite il s'en libéra. C'est au contraire après la mort de Malherbe, dans les poésies que notre auteur fit sur le déclin de sa vie, qu'il respecte scrupuleusement cette règle et qu'il en donne même de plus nombreux exemples que son maître. Il semble qu'il lui soit impossible d'employer un mot qui indique une division du temps, sans l'accompagner d'un numéral cardinal : Et sept lustres entiers ont blanchi mes cheveux. . . J'ay veu cinquante moissons... Trente avrils ont sur nos montagnes... (le soleil) A six fois meury la vendange... Huit lustres ont suivi le jour ou tu me pris... Depuis vingt ans... Depuis quatorze hyvers... Depuis un an entier... Sept ans entiers ont grossi nostre histoire''... Ce procédé, cher à Malherbe et que Mainard exagère, donne un air de précision extrême à la pensée.
Mainard emprunte à son maître l'usage de certaines figures ! de rhétorique et s'en sert avec les mêmes particularités ou dans les mêmes circonstances que lui. Ainsi il aime employer la correction pour donner plus de magnificence à son discours. I Après Malherbe qui s'était écrié : Mon roi, l'exemple des rois... le plus grand des rois, notre poète appelle Louis XIII : Ce prince, le