Aux ombres de Damon, st
4. III, pp. 5o, 201, 260, 145, 187, 42 et 267, 43, 44 et t. II, p. 292 où les mots sept ans entiers constituent le refrain d'un rondeau.
soleil des princes et apostrophe Richelieu : grand homme, le plus grand des hommes l !
Il y a deux figures que notre auteur affectionne tout particulièrement et dont il a presque abusé dans ses dernières productions : ce sont la répétition et l'antithèse.
Malherbe qui était plus rhétoricien que poète goûtait vivement l'antithèse. Très sévère, dans son commentaire sur Desportes, pour les métaphores dont les termes n'étaient pas posés selon les règles d'une logique rigoureuse, il donne son plein assentiment aux passages où son adversaire développe habilement une antithèse'. Malherbe manifeste une prédilection spéciale pour cette figure. Tantôt il fait se suivre des vers qui s'opposent par le sens :
Et les mieux établis au repos de la terre N'y sont qu'hôtes et passagers...
Tantôt il établit un balancement antithétique dans le même vers:
Ses flammes d'aujourd'hui seront glaces demain... Je ne trouve la paix qu'à me faire la guerre '...
Pour renforcer l'antithèse, il ajoute au contraste des idées celui des mots, en employant deux fois de suite le même terme, mais en en modifiant la signification dans l'un des membres de l'antithèse, soit à l'aide d'une négation, soit par un préfixe privatif :
Et qui veut m'afïliger, il faut qu'il me conseille De ne m'afïliger pas.
Que d'une injuste offense il aura, quoiqu'il tarde, Le juste châtiment.
Tout ce qui plaît, déplaît à son triste penser'1.
1. Cf. Malherbe, A Henri sur son voyage de Sedan, st. 4. — Pour le roi allant châtier les Rochelois, st. 17. — Mainard, Ode au duc de Savoie dans Durand-Lapie et Lachèvre, Deux homon., pp. 105 et 110.