‹ Le poète François MainardChapitre 323 sur 375 · Cf. Brunot, La doctrine de Malherbe, p · texte numérisé non relu

Cf. Brunot, La doctrine de Malherbe, p

3. Les deux premiers exemples sont pris aux Ombres de Damon, le dernier aux stances Alcandre plaint la captivité de sa maîtresse.

4. Alcandre plaint la captivité de sa maîtresse, st. 10. — Ode pour le roi contre les Roclielois, st. 25. — Aux ombres de Damon, st. 7.

On retrouve chez Mainard la même technique :

Je voulus me cacher souz l'ombrage des bois,

Pour montrer mou esprit à tous les yeux du monde...

Et brûle de revoir mes rochers et mes bois Où tout me satisfait et rien ne m'importune...

Mille guerriers soupiroient après elle, Mais devant elle, ils n'ozoient soupirer 1.

On connaît les vers présompteux où Malherbe affirme que son esprit

A de quoi témoigner en ses derniers ouvrages Sa première vigueur2.

L'exécution en est la même que celle des vers mélancoliques où Mainard nous confesse :

Et l'on verra bien tost naistre du sein de Tonde La première clarté de mon dernier soleil'.

Il y a même quelque chose de plus soutenu, de plus ferme et de plus ramassé dans l'antithèse de notre poète. Afin de rendre cette figure plus saillante dans la condensation qu'il lui fait subir, Mainard imagine un procédé particulier. L'opposition a lieu chez Malherbe entre des membres de la même phrase ou entre des propositions étroitement liées au point de vue syntaxique. Mainard coupe son alexandrin par une césure très forte qu'il marque par un point. Le contraste des idées exprimées par ses hémistiches devient plus saisissant par l'indépendance des deux phrases et par la précision pour ainsi dire mathématique de l'antithèse, les deux membres ayant la même mesure :

Il démasqua la fraude. Il soutint l'innocence Tes désordres sont grands. Tes vertus sont petites. Mon esprit est guery. Ma folie est passée. Je suivray les galans. Je quiteray les sages 4.

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