‹ Le poète François MainardChapitre 324 sur 375 · III, pp · texte numérisé non relu

III, pp

C'est avec presque autant d'ardeur que Malherbe cultive la répétition : à deux reprises seulement, le même terme se présente dans la même phrase ou dans deux phrases qui se suivent ; il y joue soit le même rôle syntaxique, soit un rôle différent. En voici quelques exemples tirés de l'ode Pour le roi allant châtier la rébellion des Rochelois :

... et va comme un lion Donner le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.

Laisse les espérer ; laisse les entreprendre ; Il suffit que ta cause est la cause de Dieu.

Son âme toute grande est une âme hardie.

Je les possédai jeune et les possède encore A la fin de mes jours.

C'est surtout dans ses dernières productions que Mainard fait un fréquent emploi de la répétition comme de l'antithèse.

C'est où ton bel esprit charme les beaux esprits... Ce qu'elle peut sur un, elle le peut sur tous... Et de régner dans l'art qui fait régner les Rois... Est célèbre en sagesse et célèbre en vaillance... Du feu de mes désirs et du feu de tes yeux '...

On sait que Malherbe condamnait les rimes intérieures, c'est-à-dire la rime du mot placé à l'hémistiche avec le mot placé à la fin du vers. Cependant il tombe dans cette faute et l'aggrave, car, par suite de la répétition, il fait rimer un mot avec lui-même :

Qu'il ne faut point aimer, quand on n'est pas aimé 2.

Mainard a commis lui aussi la même faute :

De quel monde connu, n'est-elle pas connue 3.

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