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Notre poète combine parfois ses deux figures favorites, la répétition et l'antithèse, soit en accolant au même mot, répété dans les parties symétriques d'un même vers, des épithètes à sens contraire, soit en donnant un même attribut à des phrases qui s'opposent par leur signification.
Et souz le ciel ardent et sous le ciel gelé...
Il est grand dans la paix. Il est grand dans la guerre 1...
Les qualités que Mainard cherche à donner à son style, sont celles que Malherbe exigeait impérieusement de tous les écrivains et dont l'absence est si regrettable dans les ouvrages de ses devanciers : nous voulons parler de la pureté et de la clarté2. Pour obtenir la pureté du style, Mainard exclut les | a gasconismes », et il entend par-là, non seulement les façons de parler propres au pays d'adiousias, mais tout ce qui peut porter atteinte à la correction du français. « Pourveu qu'il n'y ait point de gasconismes, j'en suis content » déclare-t-il à Flotte au sujet de quelques épigrammes qu'il lui adresse3. Quand on lui signale la présence dans ses vers de mots ou de tours gascons, on le met « dans une confusion extrême ». Il n'est pas de reproche auquel il soit plus sensible. Il se croit tellement sûr de la qualité de son français, que, malgré son origine toulousaine, il défie toute l'Académie de le convaincre de ne pas parler purement '. Quant aux rieurs qui se moquent de ses vers, sous prétexte qu'ils sont gascons, il les menace de leur faire voir que :
Un vrai gascon n'est autre chose Qu'un tireur d'esclaircissemens 5.