‹ Le poète François MainardChapitre 328 sur 375 · III, pp, 11 et · texte numérisé non relu

III, pp, 11 et

bien et sa raison « pour baiser la robe ou la Juppé » des belles de haut lieu, il ne fait que se répéter1. Si Malherbe a comparé les pleurs de Marie de Médicis au moment de la mort d'Henri IV à la Seine « qui déborde son onde sur les quais de Paris2 », ce n'était pas une raison pour son disciple de tomber dans une hyperbole d'un goût aussi déplorable, en demandant à un père frappé de deuil en la personne de sa fille,

D'où vient le regret qui te porte A faire une mer de tes yeux 3 ?

Le reproche qu'il adresse à un oisif de n'être sur terre « que pour y faire du fumier » est trivial ', et des passages comme celui où il avertit le public, à propos des Apologies de Balzac :

Les scavans enterrez dont tu fais tes amours N'ont rien laissé d'égal à ce que tu vas lire %

atteignent la platitude agaçante de l'ode de Malherbe à M. de la Garde.

Ne nous attardons pas davantage aux défauts des ouvrages de Mainard et attachons-nous plutôt à mettre en relief deux traits caractéristiques de la physionomie du style de notre auteur : la netteté et le naturel.

La netteté, Mainard à plusieurs reprises se l'accorde à luimême, comme une qualité distinctive de son talent :

Les vers que la Muse m'inspire N'ont rien qui ne soit clair et net.

« Mon langage est franc et net », se vante-t-il encore0. Une autre fois, il demande la grâce de l'une de ses épigrammes,

Page 1