III, p
6. III, pp. 217, 109. — Cf. aussi l'épigr. Grand prince... ibid., 129.
condamnée par ses amis, au nom seulement de sa netteté1. Cette netteté, dont il fait tant de cas, il la doit en première ligne à la chasse qu'il donne aux chevilles. Non pas que dans son volume de 1G46 il n'en ait laissé; mais on les rencontre surtout dans ses pièces composées antérieurement à 1630, dans ses odes erotiques, dans ses portraits satiriques, et surtout dans ses épigrammes. Remarquons néanmoins que Mainard a farci de mots oiseux même ses dernières compositions et ses meilleurs ouvrages :
Icy gist Alcidon qui sur l'onde salée...
L'Europe universelle en demeura ravie...
Jules loin de l'aimable cours Des ondes de Seine et de Loire...
Où s'enfuit ta prudence acquise et naturelle2 ?
Il y a toutefois chez Mainard un effort, qui n'est pas resté infructueux, de purger ses vers des mots de remplissage. Encore qu'il reconnaisse mélancoliquement qu'il lui est presque impossible, à cause des exigences de la rime, « de dire les choses si précisément et si nettement qu'il le voudrait », il s'attribue néanmoins le mérite d'avoir « le premier tâché de nettoyer nos vers de cette ordure ». Reprenant l'accusation que certains contemporains, par exemple l'auteur de la Satire du temps à Théophile*, avaient porté contre Malherbe : « d'emperler trop son style », Mainard trouve, lui aussi, son maître « si remply de bourre qu'en certains endroits il en est insupportable 4 ». Pour lui, comme pour Musset, le dernier des humains est celui qui cheville.
Avec la proscription des chevilles, l'emploi parcimonieusement mesuré des adjectifs qualificatifs contribue à la netteté