‹ Le poète François MainardChapitre 41 sur 375 · Brillon, Dict. des arrêts, art. Présidial. Paris · texte numérisé non relu

Brillon, Dict. des arrêts, art. Présidial. Paris

de son tribunal, et il pouvait y être remplacé par son lieutenant particulier dont il était tenu d'ailleurs de prendre toujours l'avis. Ses occupations officielles lui laissaient donc assez de loisirs pour s'occuper de ses affaires personnelles et pour s'adonner aussi à la poésie.

Grâce aux documents que nous avons découverts relatifs à l'acquisition faite, en décembre 1611, par notre personnage de la charge de président au présidial d'Aurillaç, ainsi qu'à sa réception à cet office en août 1612, nous pouvons trancher d'une manière décisive une question fort épineuse de l'histoire littéraire du xvne siècle.

Y-a-t-il à cette époque deux poètes Fr. Mainard ou n'y en a-t-il qu'un seul? Faut-il attribuer à notre écrivain un volume de vers, publié en 1613 sous le nom de Fr. Ménard, ou en attribuer la paternité à un homonyme ? Garrisson a-t-il eu raison de comprendre, dans l'édition qu'il a donnée des « Œuvres poétiques de François de Maynard » (Paris 1885-1888), ce texte de 1613 dont l'auteur porte les titres de docteur ès-droicts, d'advocat en la Cour de Parlement de Toulouse, du présidial de Nîmes et de la Chambre mi-partie de Castres ? Doit-on retrancher pour l'étude de la pensée, des sentiments, de la langue, du style et de la versification du disciple de Malherbe, le premier des trois volumes de la dernière édition de ses œuvres poétiques ou au contraire s'attacher à l'analyser comme l'ont fait Garrisson et d'autres critiques 1 ?

Notre exposé de la biographie de Fr. Mainard permet de résoudre cette énigme. Du moment qu'à partir du 20 août 1612 notre poète est président au présidial d'Aurillaç, il n'a rien de commun avec Fr. Ménard, avocat au Parlement de Toulouse, au présidial de Nîmes et à la Chambre mi-partie de Castres, auteur d'un volume de vers, paru, en 1613, chez le

1. Ainsi M. Lafenestre dans son étude sur Fr. Maynard pâme dans la Revue d'/fisf. littéraire de la France de 1903. Les jugements erronés de Garrisson et de M. Lafenestre ont pénétré dans certains livres de classe, par exemple dans celui de M. R. Canat, La littérature française par les textes, Paris, 1906, p. 138.

libraire Jacquin de Paris. Il y a donc lieu d'ajouter un nouveau nom à !a liste pourtant bien riche des poètes français du xvne siècle. La vérité de cette proposition s'impose avec évidence. Il n'en est pas de même de la conclusion identique mais basée sur des arguments peu probants, à laquelle arrivent MM. Durand- Lapie et François Lachèvre dans leur étude bibliographique : Deux homonymes du XVIIe siècle: Fr. Maynard, président au présidial d'Aurillac, membre de l'Académie française et François Ménard, avocat à la Cour de Parlement de Toulouse et auprésidial de Nîmes \

Nous examinerons dans l'appendice de ce chapitre les allégations de ces critiques afin de ne rien laisser subsister de leurs raisonnements, qui tantôt partent d'informations inexactes ou incomplètes, tantôt pèchent par la manière dont ils sont conduits. Nous y montrerons combien MM. Durand-Lapie et Lachèvre ont eu tort d'insister dans une recherche d'histoire littéraire sur des inductions auxquelles il est bon de ne pas ajouter grande foi. Leur argumentation défectueuse compromet la justesse de leur conclusion et, si l'on ne possédait pour établir la distinction des poètes Fr. Mainard et Fr. Ménard d'autres preuves que les leurs, il aurait été possible d'identifier à nouveau notre personnage avec son sosie.

De plus MM. Lachèvre et Durand-Lapie n'ont pu sortir de l'ombre mystérieuse où il se cachait l'homonyme de notre auteur. Il restait donc, après leur travail, une énigme peu propre à consolider des raisonnements fort chancelants. Qui est ce Fr. Ménard que l'on a confondu avec le disciple de Malherbe ? Nous allons répondre à cette question, en nous appuyant sur quelques faits irréfutables et décisifs, c'est-à-dire sur quelques documents.

D'après MM. Durand-Lapie et Lachèvre, aucune des biographies de Fr. Mainard écrites au xvme et au xixe siècles, n'attribue à ce poète la composition du volume de 1613. Il est

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