‹ Le poète François MainardChapitre 45 sur 375 · Ed. Garriss, t. I, p · texte numérisé non relu

Ed. Garriss, t. I, p

2. « Fr. Ménard se distingua dans ses études. Ses maîtres le proposaient pour modèle à leurs disciples, etc. ».

Dauphiné. Comme on obtenait ce diplôme vers l'âge de vingtet-un ans, il est probable que le poète finit ses études vers 16101. Nous supposons qu'il ne fit pas son droit en province comme son frère, mais qu'il fréquenta l'université de Paris2.

Il emporta dans la capitale le souvenir profond d'un amour malheureux. C'est en vain qu'il chercha à avoir raison de sa peine et à « perdre la souvenance » de sa lointaine bien-aimée :

Mon âme que te sert d'importuner les Dieux, Réclamer ceste belle et farouche inhumaine, Jeter la plainte au Ciel, et joindre aux flots de Seine Des larmes que le deuil fait couler de mes yeux.

Il y a des amoureux qui chérissent leur souffrance et aiment aviver leur blessure. Leur passion étant plus forte que leurs griefs, ils forgent des excuses à l'oubli ou à la trahison de celle qu'ils adorent et rejettent sur le sort les fautes qui pourraient être imputées à l'ingrate. Fr. Ménard étant du nombre de ces soupirants, il ne lui resta plus dans la capitale, son lieu d'exil, qu'à grossir la Seine des flots de ses larmes et à souhaiter la mort, en chérissant jusqu'au cercueil l'image de son idole'.

Parfois ses pas le conduisent aux bals et aux fêtes du Louvre ; mais aucune des belles qu'il y rencontre n'est en état de lui faire oublier « sa déesse ».

Mille jeunes soleils qui, loin de ma Déesse, Brillent riches d'attraits dans le ciel de la Cour

Augmentent ma tristesse Par le ressouvenir de mon astre d'amour '.

1. En 1G08 il semble qu'il était encore écolier, si c'est bien lui, et non un homonyme, qui figure comme parrain dans l'acte de naissance suivant : « François Ménard, fils de Jean Ménard et de Jeanne Martine mariez, ayant pour parrain François Ménard et Marthe Pierre pour marraine, a esté baptizé le vingt-septiesme d'Aoust par moy, Bourbon. » (Arch. de Nîmes, UU., 1er registre, Saint-Castor, année 1G08). On remarquera que le parrain ne peut être le tabellion dont nous avons déjà parlé et au nom duquel on associe dans les actes du temps l'appellation de « maître » ou la qualification de « notaire. » Les Ménard dont il est question dans cet acte étaient des marchands, habitant la même paroisse de Saint-Castor que le notaire avec lequel probablement ils s'apparentaient. Cf. pour leur qualité l'acte de naissance d'un autre fils (Arch. de jNimes, UU., 2* registre, Saiiil-Castor, 21 août 1625).

2. L'acte de 1008, cité dans la note précédente, ne prouve rien contre le séjour de Fr. Ménard à Paris. En effet, il est daté du 27 août, jour qui tombe dans les vacances.

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