Ménard, éd. Garriss., t. I, pp
3. Fr. Ménard avait déjà un peu plus haut averti le lecteur que ses personnages parlent et se meuvent sur les bords du Rhône, ch. p. 263. — Il était passé en usage dans la poésie pastorale de faire se dérouler l'action dans le cadre du pays qu'habitait l'auteur (cf. Marsan, o. c, p. 316).
sur le compte du temps et des attraits de la Cour la charge d'amortir la passion qui tenait au cœur de notre provincial, de même Silvandre, sur les bords de la Seine, ne peut oublier a la douce lumière » de son « bel astre d'amour ». A l'encontre des prévisions du Satyre, il ne se laisse pas charmer par les beautés du Louvre 1 . De retour dans son pays, Silvandre salue avec attendrissement sa terre natale, qui est aussi celle de sa bienaimée, et Cléande lui prouve bientôt qu'il a eu tort d'avoir été trop sensible aux soupçons et d'avoir trop légèrement douté de sa promesse \ Malgré le sort qui a contrarié leurs amours elle lui est restée fidèle. Ah, comme elle a tremblé quand une a nymphe » de la grande ville, venue dans ces lointains parages,
Pour passer dans nos bois le joyeux renouveau,
lui a donné des nouvelles de Silvandre, en le dépeignant :
jeune, courtois et beau
Et de qui les regards estoient de douces flèches,
Qui faisoient dans les cœurs mille amoureuses brèches'.
Mais enfin voilà dans ses bras le berger bien-aimé ! Pourquoi le cruel a-t-il mis tant de temps à retourner auprès de sa Cléande4 :