Ed. Garriss., t. I, p
3. Cf. pour la psychologie de l'amour chez Bertaut, G. Allais, o. c, pp. 159 et s.
4. Cf. la villanelle : Rosette pour un peu d 'absence, éd. Michiels, p. 150; la chanson : Las ! que nous sommes misérables (id. 416) ; et les Stances sur le mariage, notamment la stance XLII.
est celle d'un écolier échappé du collège '. L'œil de sa maîtresse « l'affole 'l » et lui fait perdre la raison :
Car si l'espoir me rend du feu d'amour espris La peur glace mon âme '.
Il détourne ses regards du visage qui le fait frémir et son visage blême ' dit à tout le monde, sauf à la méchante qui ne veut pas s'en apercevoir, les effets terribles que l'amour produit sur sa personne. Naturellement il fera main basse sur toute la phraséologie amoureuse de Bertaut :
Las, je sache etflaistris en ma jeune saison Tué du basilic de vostre belle veue,
écrit ce dernier poète 5, et Ménard, ravi de cette comparaison bizarre, répète :
Je me trompe, si est, le venin de sa veue Comme le basilic au seul aspect me tue t;.
Bertaut avait déclaré7 que son âme « obstinée à constamment aimer », fera voir
comme on peut allumer
Dessus lautel d'amour le sainct fendes veslales.
Ce rapprochement entre des choses si opposées a rempli Fr. Ménard d'admiration; à son tour8, il compare sa passion profane au feu sacré qu'entretenaient à Rome les chastes prêtresses de la déesse Vesta :
Mon feu va ressemblant au feu d'une Vestale Qui chaste me consume et jamais ne s'estaint...