‹ Le poète François MainardChapitre 53 sur 375 · Ed. Garriss., t. I, p · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. I, p

3. Cf. pour la psychologie de l'amour chez Bertaut, G. Allais, o. c, pp. 159 et s.

4. Cf. la villanelle : Rosette pour un peu d 'absence, éd. Michiels, p. 150; la chanson : Las ! que nous sommes misérables (id. 416) ; et les Stances sur le mariage, notamment la stance XLII.

est celle d'un écolier échappé du collège '. L'œil de sa maîtresse « l'affole 'l » et lui fait perdre la raison :

Car si l'espoir me rend du feu d'amour espris La peur glace mon âme '.

Il détourne ses regards du visage qui le fait frémir et son visage blême ' dit à tout le monde, sauf à la méchante qui ne veut pas s'en apercevoir, les effets terribles que l'amour produit sur sa personne. Naturellement il fera main basse sur toute la phraséologie amoureuse de Bertaut :

Las, je sache etflaistris en ma jeune saison Tué du basilic de vostre belle veue,

écrit ce dernier poète 5, et Ménard, ravi de cette comparaison bizarre, répète :

Je me trompe, si est, le venin de sa veue Comme le basilic au seul aspect me tue t;.

Bertaut avait déclaré7 que son âme « obstinée à constamment aimer », fera voir

comme on peut allumer

Dessus lautel d'amour le sainct fendes veslales.

Ce rapprochement entre des choses si opposées a rempli Fr. Ménard d'admiration; à son tour8, il compare sa passion profane au feu sacré qu'entretenaient à Rome les chastes prêtresses de la déesse Vesta :

Mon feu va ressemblant au feu d'une Vestale Qui chaste me consume et jamais ne s'estaint...

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