Somme théologique, p
de foi et de résignalion chrétiennes. Ajoutons-y un très beau sonnet inséré dans ses œuvres de 1646 *.
Le volume de 1613, disent MM. Durand-Lapie el Lachèvre, contient une pastorale en cinq actes ce qui indiquerait de la part de l'auteur « une tendance vers la tragédie (?)... Or, dans ses poésies et dans ses lettres, Fr. Maynard ne manifeste aucune velléité de songer à l'art dramatique » (p. 43). Nous laissons de côté la confusion singulière entre la pastorale dramatique et la tragédie, pour relever uniquement le caractère peu scénique de la plupart des bergeries dialoguées des xvie et xvne siècles. C'est notamment le cas de la Pastorale du volume publié par Jacquin. « L'auteur, dit fort à propos M. Marsan, n'a cherché en l'écrivant qu'à faire œuvre poétique, il n'a pas songé une minute aux exigences de la scène ou du public véritable... L'action n'y est pas plus vivante que dans les Amours de Cléande2 ». Or — et c'est ici que nous nous séparons de M. Marsan qui reprend et développe l'argument cité ci-dessus de MM. Durand-Lapie et Lachèvre 3 — si Fr. Mainard montre de l'aversion pour les pièces destinées à être jouées, il n'est pas 1' « ennemi irréductible » de la pastorale dramatique, non plus que du théâtre fait en vue des lecteurs ut non des spectateurs. En vérité, il s'est moqué des admirateurs des comédiens Bellerose et Mondory et a fort modérément goûté même les tragédies de Corneille. Mais en revanche il a porté aux nues le théâtre de Sénèque, nullement destiné à la représentation, et marqué par des compliments flatteurs à ses amis Du Mas, Racan et Du Cros4 le plaisir qu'il avait eu à lire leurs bergeries dramatiques. Enfin il s'est adonné lui même au genre pastoral, en écrivant non seulement le Philandre, mais encore plusieurs épigrammes5 dans le même goût. Donc s'il n'y avait pas de plus fortes raisons en faveur de l'existence d'un poète homonyme que celles qu'allèguent les auteurs delà brochure sur Fr. Ménard et Fr. Mainard, on serait fort tenté d'établir entre le Philandre et la pastorale de 1613 le même rapport que celui qui existe entre le Sireine, poème bucolique, et la Sylvanire ou la morte vive, pastorale dramatique d'Honoré d'Urfé.
MM. Durand-Lapie et Lachèvre ont borné à une seule constatation les différences profondes qu'ils ont constatées entre la « facture des vers », le « style » et la « prosodie » (?) du volume de 1613 et le style et la versification des poésies dont ils ne disputent pas à Fr. Mainard la paternité. Il est vrai que cette remarque leur semble « de nature à trancher sans appel la question » (p. 41). La voici :
« Les neuf pièces du Parnasse des plus excellents poètes de ce temps. signées Maynard, ont précédé de six ans les poésies de 1613 et cependant