‹ Le poète François MainardChapitre 67 sur 375 · Id , t. I, p · texte numérisé non relu

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4. Comme elle a arrêté MM. Durand-Lapie et Lachèvre, o. c, p. 39.

Au début de leur carrière, ils ne pensent ni ne sentent par eux-mêmes : ils ne font qu'exprimer des conceptions et des modes de sensibilité souvent fort étrangers à leur propre nature, mais dont ils se sont engoués, parce qu'ils les ont rencontrés dans les livres préférés de leur génération. Plus tard, ils prendront conscience de leur génie et, en en découvrant les qualités foncières, ils trouveront pour les rendre une forme à laquelle ils imprimeront un cachet distinctif. Il arrive même de relever dans les pièces que les poètes remarquables composent dans la période de maturité de leur talent des pensées ou des sentiments que des esprits moins bien doués ont mis en œuvre avec moins de netteté, d'élégance et de force. Le parallèle que nous avons tracé entre le volume de Fr. Ménard et les ouvrages de Fr. Mainard confirme d'une manière éclatante le principe déjà connu qu'il ne faut, dans les attributions d'ouvrages, accorder de crédit aux déductions basées sur des remarques philologiques, métriques ou littéraires qu'autant que des faits irrécusables, puisés dans des documents authentiques, viennent les corroborer.

A plus forte raison, des conclusions de ce genre sont faibles lorsqu'elles vont à l'encontre des témoignages contemporains. C'est le cas de la thèse de MM. Clavelier et Martinon qui, sans tenir compte de l'affirmation de Pellisson, se basent sur des fautes de grammaire et de métrique (et M. Martinon ne fait cas que de ces dernières) pour contester à Fr. Mainard la paternité du Philandre. La question des deux Mainard, qui semblait vidée après la publication de la brochure de MM. Durand-Lapie et Lachèvre, menaçait de reprendre de plus belle à la suite du refus de MM. Clavelier et Martinon de considérer le Philandre comme un poème de Fr. Mainard et de leur conjecture qu'il est dû peut-être à son homonyme. Il était grandement temps d'apporter à cette discussion littéraire une solution définitive.

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