‹ Le poète François MainardChapitre 77 sur 375 · Ed. Garriss., t. II, p · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. II, p

4. Ode bachique à M. Ménard, président d'Aurillac (éd. Tenant de Latour, t. I, p. 154). Les critiques ont daté l'ode de Racan de la tenue des Etats-Généraux et notamment de décembre 1614. (Cf. Robiou, Essai sur l'histoire de la littérature sous Henri IV, p. 385. — Arnould, Racan, p. 90). — Ajoutons que les vers cités par M. Arnould p. 92 et tirés du premier tome de l'éd. Garriss., Le temps dévore tout et les cruelles Parques, etc. p. 333, comme ayanl inspiré Racan pour son ode bacbique, ne sauraient être pris en considération, va qu'ils ne sont pas de notre poète, mais de son bomonyme niwois, Er. Ménard, que Racan n'a certainement pas lu.

MAÏNARD PRÉSIDENT AU l'RÉSTDIAL DAURILLAC 153

de son ami. En « buvant à pleine tasse », celui-ci se faisait la triste réflexion qu'un sot est presque toujours mieux récompensé qu'un homme de mérite et que les favoris des Muses ne sont pas aussi ceux de la fortune :

Racan, Parnasse m'importune, Je n'en goûte plus les douceurs.

Ceux qui sont datez des neuf sœurs, Ne le sont pas de la Fortune . . . .

L'art des vers est un art divin :

Mais son prix n'est qu'une guirlande Qui vaut moins qu'un bouchon à vin.1

Sitôt qu'il peut se dérober aux devoirs de sa charge, Mainard prend le chemin de Paris. Son nom, déjà connu par les vers qui chantaient « les amours de la reine Marguerite » et par les pièces qu'il avait données au Parnasse de 1607, devint bientôt célèbre grâce aux anthologies du libraire ïoussainct du Bray2, qui se fit comme le champion de Malherbe et de « ceux qu'il avouait pour ses écoliers ' ». Le poète Rosset, l'ami de Mainard, donna ses soins au premier de ces recueils de Du Bray : Les Délices de la poésie franeoise de ICI 5. Il s'empressa de portera la connaissance du public la qualité de président que Mainard avait acquise dans les dernières années et d'appeler son attention sur les primeurs qu'on lui offrait de la part de ce « bel esprit i » Cet album poétique fut réimprimé, avec des additions et des modifications plus ou moins considérables, en 1018, 1620, 1626, 1627 et 1630 -. Des libraires de Rouen et de

1. Ed. Garriss., t. III, p. 111. Mainard fait allusion aux faisceaux de feuillage qui servent d'enseigne aux aubergistes ; cf. pour la même figure, Régnier, Sat. IV.

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