‹ Le poète François MainardChapitre 78 sur 375 · Cf. l'avis au lecteur du Recueil de · texte numérisé non relu

Cf. l'avis au lecteur du Recueil de

4. T. I, troisième partie, p. 961 des Délices de la poésie française.

.">. Les trois dernières éditions ne portent que le litre fort simple, Recueil des plus beaux vers de Messieurs Malherbe, Racan... Maynard, etc. — Le Recueil de 1627

Lyon1 reproduisirent certains des morceaux de notre auteur, déjà parus dans les recueils de leur confrère parisien, et la renommée du président d'Aurillac pénétra dans les coins les plus reculés de la France.

L'épigramme devient à cette époque le genre que Mainard affectionne. Mainard s'attira au sujet de ses piécettes railleuses les censures de Malherbe. Le maître leur trouvait le défaut de manquer de « pointe », de ne pas avoir le trait final suffis;» m ment acéré. Les rapprochant des productions similaires de Mademoiselle de Gournay, il reprochait à son disciple, comme à son adversaire, de faire des « épigrammes à la grecque' ». Malherbe tenait ce langage au moment où son élève commençait à peine à se livrer à sa prédilection pour les pièces épigrammatiques, c'est-à-dire tout à fait au début de la période de la vie de Mainard dont nous nous occupons maintenant. Racan nous a rapporté ' les sentiments du maître à ce sujet, en nous indiquant les rangs assignés par Malherbe dans la classe qu'il régentait avec sévérité : « Il avouoit pour ses écoliers les sieurs de Touvant, Colomby, Mainard et Racan. Il jugeoit d'eux fort diversement. Il disoit, en termes généraux, que Touvant faisoit fort bien des vers, sans dire en quoy il excelloit, que Colomby avoit bon esprit, mais qu'il n'avoit point de génie à la poésie; que Mainard estoit celuy de tous qui faisoit les meilleurs vers, mais qu'il n'avoit point de force, qu'il s'estoit adonné à un genre de poésie auquel il n'estoit pas propre, voulant parler de ses épigrammes, et qu'il n'y réussiroit pas parce qu'il manquoit de pointe; pour Racan, qu'il avoit de la force, mais qu'il ne travailloit pas assez ses vers ; que le plus souvent pour s'aider d'une bonne pens'ée, il prenoit de

est une reproduction fidèle de celui de l'année précédente. Seul ce Recueil, celui de 1630 et les Délices de la poésie française de 1615 contiennent des pièces nouvelles de Mainard.

1. Le Parnasse des Muses, Lyon, Ancelin, 1618, in-12. Le cabinet des Muses... Rouen, David du Petit Val, 1619, in-12. Le séjour des Muses ou làJOresme des bons vers, Rouen, Thomas Daré, 1626, 1627 et 1630, etc. V. sur ces publications le t. II de la Bibliogr. des recueils collectifs de poésies de 15!/7-/700, de M. Fr. Lachèvre.

2. Cf. Racan, Vie de Malherbe, éd. c, t. I, pp. 262 et 277. Il adressait le même reproche aux sonnets de Pétrarque, ce qui prouve qu'il désirait que le sonnet se terminât sur un trait imprévu.

Page 1