‹ Le poète François MainardChapitre 8 sur 375 · Cf. Not. q ues t. liv. II, chap · texte numérisé non relu

Cf. Not. q ues t. liv. II, chap

3. Idem. liv. II, chap. 91. Géraud constate avec satisfaction qu'en avril 1594 la majorité du Parlement était favorable an Béarnais qui. on le sait, abjura en juillet 1593.

ensanglantèrent Toulouse en février 15891 le remplirent d'horreur et de dégoût. Géraud s'était rallié au parti des politiques que les violents qualifiaient de timides et qu'au contraire il faut louer pour leur courage à résister aux injonctions des fanatiques et des puissants et à persévérer dans la voie de la modération. Il était trop jaloux de sa dignité pour subir les contraintes que le duc de Joyeuse, maître de la ville et ligueur forcené, entendait exercer contre les parlementaires modérés et les royalistes. On connaît l'histoire de ces jours d'épreuves de Toulouse2 : la scission qui se produisit dans le corps des magistrats de cette ville ; l'établissement des royalistes trop zélés à Béziers ; la translation des anti-ligueurs, en avril 1595, à Castelsarrasin ; le triste spectacle qu'offrit cette Cour souveraine partagée en factions. Trop ému par ces désolants événements pour garder le calme indispensable au juge, trop âgé pour s'engager d'une manière active dans la lutte des partis, Géraud gagna Saint-Céré, y cherchant un abri pendant la tourmente3.

Dès 1593, il avait résigné son office de conseiller lai en faveur de Jean, son fils aîné, docteur et avocat. Toutefois il comptait garder encore son poste pendant quelques années, en faisant surseoir à la réception et à l'installation de son fils dans la charge qui lui était réservée". Les événements ne lui en laissèrent pas le loisir. Le schisme qui travaillait la compagnie le poussa à faire subir à Jean, en mars 1595% l'examen institué par la Cour pour reconnaître si les successeurs des officiers résignataires étaient « suffisants et capables » de remplir les devoirs de leur charge. En septembre suivant'1, il lui fit

1. Meurtres de l'avocat Daffis et du premier président Duranti.

2. V. sur ce point l'étude de Benech : La Cour de Parlement de Toulouse séant à Castelsarrasin, épisode des troubles de la Ligue, Toulouse, 1854.

3. Le nom de Géraud ne figure pas sur la liste des officiers du Parlement de Toulouse qui ont fait partie du Parlement séant à Castelsarrasin que donne le Recueil de Documents attribué au greffier en chef de 1683, cahier appartenant aux Arch. judic. de Toulouse.

4. Cf. sur les usages de la Cour, Not. Questions, liv. I, chap. 72.

5. Arch. Haute-Garonne, B. 143 f° 217: « Samedi 18 mars 1595, La Cour a délibéré qu'il sera procédé à l'examen de Jean de Mainard, docteur et avocat, pour sa réception à l'office de conseiUer du roi ».

6. Arch. Haute-Garonne, B. 150, f° 345. — 24 juillet 1596 : « Veu les lettres patentes données à Lyon le 9 septembre 1595 contenant confirmation des lettres

délivrer par Henri IV, acclamé en ce moment par le peuple de Lyon, des lettres patentes contenant confirmation des lettres de provision précédemment octroyées. Géraud dut cependant attendre la soumission du duc de Joyeuse, gouverneur du Languedoc, suivie bientôt de Ledit de pacification de Folembray (janvier 1596) et de la rentrée des conseillers sécessionnistes. C'est alors qu'après avoir fait enregistrer les lettres patentes d'octroi d'office à Jean, il fit procéder, le 31 août 1596, à la réception de ce dernier'. Malgré la résignation qu'il avait faite de sa charge, Géraud garda après ses vingt-trois ans de services, par une faveur qu'on accordait assez fréquemment aux anciens conseillers, a l'entrée encore avec la voix, tant en audience qu'au Conseil2 ». Aussi le voit-on encore opiner3, en novembre 1597, dans certains procès et continuer à relever les arrêts prononcés par ses collègues. Mais sa présence à la Cour est moins assidue, les séjours qu'il fait à Saint-Céré plus fréquents et plus prolongés. Bientôt Je mariage de son fils aîné l'engagea à se retirer définitivement dans sa ville natale.

Déjà le 6 février 1600, Géraud avait signé de cette localité la procuration donnée à noble Jacques de Moustoulac, sieur de Gagnac et à Raimond de la Barrière, bourgeois de Sainte- Espérie en Quercy, pour assister aux « pactes » de mariage de Jean de Mainard avec demoiselle Bourguine de Chaumeils, « fille de Guy de Chaumeils, sieur de Vernhols, conseiller du roi et son président au présidial d'Aurillac et de feue demoiselle Jehanne de Condamine ». A l'occasion de ce contrat qui fut passé le 12 février 1600 par devant M0 François Baratte, notaire royal d'Aurillac, le père accordait à son fils « par donation irrévocable entre vifs », outre son office de conseiller qu'il

de provision octroyées à Jean Maynard, docteur et avocat en la Cour, de Testât et office de conseiller lai en la dicte Cour, par la simple résignation faite d'icelle par M. Géraud de Mainard, son père, données à Paris le 17 aoust 1593, La dicte Cour ordonne que les dictes lettres seront enregistrées pour que le dict Maynard puisse jouir du contenu d'icelles ». — Ces deux documents infirment les allégations de Dubédat {Hist. du Parlement de Toulouse, I, 711) au sujet de la durée de l'exercice de Géraud et de sa retraite.

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