Ed. Garriss., t. Il, p
5. Cf. Racan. Vie de Malherbe, t. I, p. 271. — V. sur Bordier l'épigramme de Mainard : Amy lecteur qu'Apollon favorise, éd. Garriss., t. III, p. 118. Le dernier vers présente dans le ms. 843 de Toulouse la var. : « Racan les aime et Hordier les méprise » au lieu de « Balzac les aime... ».
6. Une épigr. destinée à Maillet, éd. Garriss., t. HT. p. 102, visait primitivement Rosset, cf. ms. 843 de Toulouse, f" 88 : « Muses quand Rosset vous demande », Régnier l'a bafoué dans sa XVe satire.
Desportes, Bertaut, Régnier avaient successivement disparu. Du Perron s'était, dans les dernières années de sa vie, consacré aux affaires politiques et était devenu indifférent aux querelles littéraires. Des Yvetcaux qui, après avoir introduit Malherbe à la Cour, s'était repenti d'avoir obligé un ennemi, était tombé presque en enfance1. Seule, Mllc de Gournay, la « fille d'alliance » de Montaigne, bataillait pour défendre la « manière d'écrire » de Ronsard et de ses disciples *.
Mlle de Gournay réunit, en 1626, dans son Ombre, une série d'opuscules dans lesquels elle s'acharnait à réduire à néant les théories et les pratiques de la nouvelle école. Ses cris n'excitèrent que des quolibets. Elle avait, comme on l'a si bien dit, le triple malheur d'être laide, d'être vieille et d'être restée fille ; aussi ne se fit-on pas faute de se gausser à qui mieux mieux de la vieille a Sibylle », de la a pucelle de mille ans », qui avait en plus le tort impardonnable a une femme de citer les Latins et les Grecs, et, il faut bien le reconnaître, le travers de bavarder un peu trop, en faisant étalage de ses lectures.
Les disciples de Malherbe n'étaient guère respectueux à l'égard de la savante fille. Tallemant nous a raconté la malice que lui firent un jour Yvrande et le chevalier de Bueil. Mainard rima contre elle une épigramme que Voltaire jugeait plaisante, en quoi il avait raison, mais qu'il attribuait à Chapelle, en s'imaginanten même temps qu'elle visait Ninon de l'Enclos ', en quoi il se méprenait doublement.
Je la croy digne d'excuse Si souvent elle s'amuse De parler de la vertu Dont Platon fut revêtu ; A bien calculer son âge
Elle peut avoir
Avec ce grand personnage '*.