V. Brunot, La doctrine de Malherbe, pp. 53 et suiv
3. Labouisse-Rochefôrt assure que Saint-Mare avait commis la même erreur dans son édition (Tes œuvres de Chapelle et Bachaumont, La Haye, 1755. — De nos jours Colombey l'a répétée dans si>s Salons, ruelles et cabarets , t. I, p, 176.
4. Vers 1(341 (1. cclxxii) le poète déclarait que cette amusetle avait pour objet « ces vieilles dames qui parlent de Phébus ». — Le ms. 15220 de la Bibl. iSat.
MAINARD PRÉSIDENT AU PRÉSÏDIAL d'aURILLAC 159
Pour se venger, Mllc de Gournay omit de parler de Mainard dans son Traité des épigrammcs '.
A mesure que se développait l'activité poétique de Mainard, l'estime de Malherbe pour son talent grandissait également. Ce n'est pas que le chef d'école s'en laissât imposer par la charge de notre auteur ; il traitait ce dernier toujours en élève. Il le lui fit bien voir le jour qu'un paysan d'Aurillac frappa à la porte de la chambre de l'auberge de la Croix-des-Petits-Champs pour demander si Monsieur le Président était là. Le maître de logis de courir à la porte et de crier brusquement au plaideur interloqué : « Quel président demandez-vous ? Il n'y a pas ici d'autre président que moy ? » 2. — Ce n'est pas non plus qu'il fût touché outre mesure des louanges excessives que son élève lui avait décernées dans un sonnet imprimé dès 1615 dans les Délices de la poésie françoise*. Malherbe pensait de bonne foi qu'un Dieu logeait dans son sein et, à ee titre, estimait qu'il méritait l'encens qu'on brûlait à sa gloire.
Mais en sa qualité de peseur de mots, de grammairien avisé et d'arbitre des rythmes, Malherbe se sentait pris de sympathie et même parfois d'admiration pour ce disciple dont les vers clairs, bien frappés et bien détachés répondaient si pleinement à ses exigences. Aussi, approuve-t-il avec empressement toutes les observations de Mainard sur la coupe des strophes, acquiesce-t-il à toutes ses demandes de donner plus de netteté aux vers, de faire saillir vivement les attaches des membres du langage rythmique. C'est Mainard qui lui apprend qu'il faut diviser le sixain en deux tercets par une pause placée après le troisième vers, et qu'il faut couper la strophe de dix par deux pauses, l'une après le quatrième, l'autre après le septième vers. C'est pourquoi s'il trouve Mainard sans force, il
(Recueil de poésies des xvic et xvn" siècles), reproduit cette épigramme sous le tilre s une vieille cite Platon. Sur M"0 de Gournay ». A noter au surplus une var. méchante du v. 4 : « Dont Montaigne est revêtu ». La version que nous donnons de cette petite pièce est celle du ms. 84-3 de la Bibl. de Toulouse où elle figure à la f. •>2. Or nous prouvons dans la note sur les manuscrits de Mainard conservés à la Bibl. de Toulouse (v. Y appendice bibliographique) que le poêle a écrit les cent premières feuilles du ms. 843 entre 1626-27 et 1630.