‹ Le poète François MainardChapitre 82 sur 375 · Ed. Garriss., t. II, p · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. II, p

s'avoue vaincu par l'habileté rythmique de notre auteur et confesse à ses élèves non seulement que d'eux tous Mainard fait les meilleurs vers, mais encore qu'il est « l'homme de France qui sçavoit le mieux faire des vers ». Quant à Racan, qui ne voulait pas démordre de ses opinions et luttait opiniâtrement pour la liberté de la versification, Malherbe le déclare « un hérétique en poésie' ».

C'était autant, sinon davantage, pour se distraire que pour s'instruire que Mainard fuyait les rudes contrées où le confinaient ses fonctions. Or, bien que les discussions grammaticales, métriques ou littéraires du cénacle de Malherbe tournassent à son avantage, elles ne distrayaient pas toujours notre président. Se piquer mutuellement ; se railler des écrivains qui battaient en brèche la doctrine du réformateur; colporter les commérages de la ville et de la Cour; s'épanouir d'aise à la lecture de gaillardises plus ou moins agréablement versifiées, ainsi qu'au récit des polissonneries que débitait en crachotant « le Père la Luxure », voilà les divertissements de la société qui fréquentait l'auberge de la rue Croix-des-Petits-Champs. Ces réunions manquaient de deux grands attraits que, depuis l'époque où il avait été l'ami de Régnier, Mainard s'était habitué à priser de plus en plus : bien boire et bien manger. Les plaisirs de la table n'étaient guère le fait du vieux maître. C'est ailleurs que devait les chercher notre provincial, obligé de garder chez lui une certaine retenue pour ne pas compromettre la dignité de sa charge et ne pouvant s'y adonner tout à son aise faute de compagnons capables d'égayer par leurs propos un dîner copieux et largement arrosé.

Comme de tous temps, Paris abondait en endroits propices pour se livrer à de joyeux ébats en l'honneur des dieux de la table. Flotte, toujours dispos en sa qualité de Toulousain « à faire chère lie et carrousse » et qui, depuis les longues année qu'il habitait la capitale, savait par cœur la liste des caveau:

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