‹ Le poète François MainardChapitre 83 sur 375 · MA1NARI) PRÉSIDENT AU PRÉSIDIAL D'AURILLAC · texte numérisé non relu

MA1NARI) PRÉSIDENT AU PRÉSIDIAL D'AURILLAC

bien soignés, servait de Mentor à Mainard dans ses tournées à travers le « Paris qui s'amuse» du temps. Guillaume Colletet, un familier du cercle de Malherbe, malgré le culte qu'il avait voué à Ronsard', avocat-poète qui, dès 1625, célébra pompeusement notre auteur2, prenait souvent part aux joyeuses agapes des deux amis. D'ordinaire, on se rendait à l'hôtel de Venise, tout près de la rue Saint-Denis, dans la paroisse Saint- Eustache où le poète venait probablement retrouver son ancien gîte. Sur l'ordre du président, soucieux de garder son décorum, l'hôte tirait les volets et fermait avec soin les portes de la salle' où ce trio de biberons voulait festoyer à son aise. On se portait des santés et des défis ; on vidait l'une après l'autre autant de coupes de piot « baume au cerveau et cannelle à la bouche'' », qu'il y avait de lettres dans le nom de la dame qu'on servait '; on contait des goguettes; on riait aux éclats et on chantait à tue-tête. Le boute-en-train Flotte, un vrai Roger Bontemps, qui avait la voix aussi belle que le gosier altéré, entonnait d'une voix puissante6 :

Ça, garçon, de ce vin nouveau, Je l'ayme d'un amour extrême ;

1. On sait que Malherbe lui adressa une consolation sur la mort de sa sœur. Colletet, de son côté, reprocha à son siècle l'ingratitude qu'il témoignait à l'égard du réformateur de la poésie française et fit son épitaphe (cf. Le malheur des poètes cl l'épitaphe de Malherbe dans les Divertissements du sieur Colletet, Roh. Estienne, in-8", 1631, pp. 55 et 280), ce qui ne l'empêcha pas do rendre hommage aux A fanes de Ronsard » (ibid. p. 266). Le fils de Guillaume Colletet devait citer Mainard parmi les poètes bachiques du premier tiers du xvn" siècle (La Muse coquette, 1659, p. 157) :

Racan, Maynard, Gombaud, Saint- Amant, Théophile, Corneille, Scudéry, Tristan, Métel, Rotrou.

2. Sonnet de Colletet sur les Poètes amis, daté de 1625 et paru pour la première fois dans le Recueil de Du Bray de 1626 :

Ouc Maynard entretienne et la Seine et la Loire Ce sonnet est inséré dans les Poésies diverses de Colletet, Paris, 1656, in 12, p. 233.

3. Cf. la chanson bachique : Pégase n'a point de mérite, str. 4, éd. Garriss., t. 111, p. 20.

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