‹ Le poète François MainardChapitre 86 sur 375 · La débauche, dans Œuvres, éd. c., t. I, p · texte numérisé non relu

La débauche, dans Œuvres, éd. c., t. I, p

3. V. pour les détails qui suivent, Permis, Les libertins en France au XVir siècle, Paris, 1896.

MAfNARR PRESIDENT AU PRESÎDIAL R AURTLLAC 167

justifications dans la philosophie panthéiste et presque uniquement matérialiste de Lucilio Vanini. Son traité : De admirandis ria tune reginœ dewque mortalium arcann, paru à Paris en 1616, identifie Dieu avec la nature, glorifie la loi naturelle autant que la théologie le fait pour la loi divine, encourage chacun à obéir aux penchants de son tempérament.

Avant d'être brûlé vif, en 1618, par ordre du Parlement de Toulouse, Vanini avait été l'aumônier de Bassompierre1 et le commensal du comte deCarmain, dont les Jeux de l'Inconnu respirent si nettement l'incrédulité2. Les idées de l'abbé italien avaient trouvé un accueil enthousiaste auprès du comte de Clermont, si adonné aux plaisirs sensuels. Fréquemment de passage à Paris, le voisin de campagne du président gagna la sympathie du sceptique conseiller Jacques Vallée des Barreaux qui vanta sa liberté d'esprit, mais s'attira aussi les réprimandes du Père Garasse qui ne pouvait tolérer son attachement à Théophile3.

Dans la compagnie de ces esprits forts, la foi chrétienne de Mainard subissait de rudes assauts. Le poète se laissait aller lui-même à composer des épigrammes qui, sans être précisément athées, dénotaient cependant une hardiesse équivoque. Pas plus que le supplice de Vanini n'avait épouvanté Théophile qui, protégé par le duc de Montmorency, se croyait à l'abri de tout danger, le bannissement de ce poète, en 1619, n'amenda pas Mainard. Il attribua sans doute l'arrêt du roi contre Théophile à la cabale des jésuites, avec lesquels cet indépendant et trop insouciant écrivain avait eu maille à partir4. Quelques zélés sectateurs de Loyola résolurent de se débarrasser de cet insolent qui, bravant leurs foudres, sapait le respect qu'on leur portait et abattait les principes de leur croyance. Ils firent croire à Luynes que la deuxième satire de Théophile

1. Sur les débauches de Bassompierre à la taverne, v. Fr .Michel et Fournier. Hist. des hôtelleries, chap. 6 et dernier.

2. Cf. P. A. Brun, étude déjà citée sur Garmain dans le volume, Autour du XVII' siècle.

3. Lachèvre, Jacques Vallée des Barreaux, Paris, 1907, pp. 14 et 81. — Des Barreaux était un disciple de l'athée César Cremonini.

Page 1