V. les épigrammes XV et XVII de Malherhe
MAINARD PRÉSIDENT AU PRÉSTDJÂL d'AURILLAC 173
"de la Somme théologique » que le Révérend prépare, et Racan adresse à Garasse « pour mettre au commencement de son livre » un dizain où il invective violemment les impies, « pourceaux d'Epicure » qui s'imaginent « que tout finit avec le corps )). Pour les faire revenir de leurs erreurs, il les invite à lire les « doctes merveilles » du « grand ornement de nos jours ' » :
Peux-tu croire, esprit infidelle Que tant d'admirables discours Soient partis d'une âme mortelle ?
Afin que la nouvelle école fût représentée au complet dans le parti des adversaires de l'hôte de la Conciergerie, Mainard se chargea de vitupérer lui aussi le méchant qui avait douté de la Providence divine. En agissant de la sorte, il espérait se faire pardonner les pièces lubriques qu'il avait données au recueil de vers incriminé. De plus, il escomptait être en mesure de désavouer à l'occasion certaines poésies manuscrites, d'une dévotion suspecte, dont la malecharice pouvait faire tomber des copies entre les mains de ses ennemis.
Pour remercier ces poètes, Garasse publia en 1625 leurs hommages versifiés dans sa Somme théologique, en glorifiant Malherbe et ses disciples « qui, par un adjancement merveilleux de parolles puissantes et par une choix judicieux de fortes pensées ont porté la poésie française bien près de sa perfection 2». Quant à Mainard, il lui donne, en plus d'un prix d'excellence poétique, une attestation de bonne vie et mœurs, dans un passage où il démontre que les esprits forts sont à la fin punis de leurs crimes, témoin « cet infortuné qui a donné le premier dessein à cet ouvrage : car se voyant délaissé de ceux qui lui avoient juré une éternelle fidélité, il pourra... ouvrir les yeux, pour reconnoistre qu'il n'y a amitié plus fidèle que celle » de Dieu... « C'est cette vérité qui a esté reconnue par le sieur Menard, aussi bon catholique que sage poète, par cet excellent