V. Charles de Pomairols, Lamniliiie, p
française ». il renconlra à Aix une jeune femme dont la ohasie l)L'aufé lui sembl;i l'incarnalion même de l'idéal qu'il c';ei'cii;iit depuis quelque temps à dégager, a Le regard de ses yeux semblait venir d'une distance que le poète n'avait jamais mesurée dans aucun œil humain.... Tout la faisait ressembler à une staluedela mort, mais de la mort qui attire et qui enlève l'âme au sentiment des angoisses humaines et qui l'emporte dans les régions de la lumière sous les rayons de la vraie vie. » Un enthousiasme réciproque unit les deux jeunes gens dans une tendresse « pure et grave comme le sentiment de l'infini ».
Hélas! il fallut se séparer ; Julie portait le nom d'un vieillard connu parmi les illustrations de la science. Laniarlinc la rejoignit à Paris, dans une société dont le ton était bien dillérent de celui où s'étaient trouvés les deux amants. « Il la trouva là dans un milieu surtout scientifique, où régnaient les négations du xviu' siècle, et il s'aperçut que, docile aux leçons de ses amis et de ses maîtres, cette femme idéale, qui représentait pour lui la plus pure image de Dieu, ne croyait pas. Mais ils sortaient parfois ensemble de cette almosplière desséchée par la raison; ils allaient... contempter les spectacles vivants de la nature ; et là, en face des œuvres infinies du Créateur, en face de l'amour mystique de ce jeune homme qui voyait Dieu à travers elle et elle à travers Dieu, Julie sentit se fondre les sécheresses de son esprit, et adopta la foi de son religieux adorateur*. »
Mais le poète ne jouit pas longtemps de son bonheur. En 1817, Julie, attendue à .\ix aux premiers jours d'automne, ne revint pas : elle était gravement malade, (l'est pendant ci's sombres jours d'inquiétude que Lamartine écrivit VîmmorlalUé. Ses presseuliments ne le trompaient pas : Julie mourut à Paris, en 1S17, loin ■de son amant, mais en baisant le crucitix ipi'il lui avait appris à aimer.
llf. Le sentiment qui a dicté ce poème est plus élevé et plus noble encore ([ue celui qui a inspir(' le Poète mourant. Ici ce n'est pas de sa propre mort, de sa propre destinée que Lamartine se préoccupe, mais de la mort et de la destinée de la personne ({u'il aime.
Il n'aura donc pas recours aux mêmes arguments pour al(irmnT lu survivance de l'àuie.
Aussi bien, à cette époque, en IS17, u'esl-il pas encore fauiiliiT