‹ Le poète mourant (volume 2)Chapitre 6 sur 24 · l.c Nil a vu sau- ses rivages », etc · texte numérisé non relu

l.c Nil a vu sau- ses rivages », etc

servir de modèle absolu :Oii'iinportp'? Aucun de ceux-là n'a réalisé comme Lamartine l'intime union des trois éléments de toute poésie, l'idée, le sentiment, le rytiuue, et n'a su en tirer l'admirable harmonie qui fait le ciiarme de ses vers. A cet égard, c'est le plus naturel, le plus parfait des poètes que la Muse française ait jamais inspirés : « C'est la poésie pure », a dit un des plus délicats critiques de ce temps *.

U POLSIE LVniQUE

Quelle que soit la variété de son œuvre, Lamartine n'est au fond et n'a jamais été qu'un poète lyrique. 11 faut nous expliquer sur le sens de ce mot, qui nous servira tout particulièrement à caractériser les pièces données ici comme exemples do ce que le génie de Lamartine a produit de plus parfait

M. Paul Albert- fait observer que dans l'antiquité on appelait « poésie lyrique» celle qui unissait l'accompagnement delà lyre aux vers modulés sur un certain rythme; mais que cet accord delà poésie et de la musique (il faudrait même y ajouter la danse) n'exista pleinement que chez les Grecs. Horace et les autres lyriques latins ne le connaissaient déjà plus. Nous, nous avons gardé le nom sans la chose. « Où est la lyre de nos poètes? on ne chante plus de vers (et quels vers!) qu'à l'Ofiéra. Les chansons de Béranger, voilà le spécimen le plus fidèle de l'antique poésie lyrique. »

Pourtant nous entendons bien désigner un certain genre à l'exclusion des autres en pronon(;ant cenom. Pour lioileau, la caractéristiijue du lyrisme est l'enthousiasme:

L'ode, élevant au ciel son vol ambitieux, Entretient dans ses vers conmicrce avec les dieux.

i. .1. Leniaître.

Page 1