‹ Le poète PrimatChapitre 3 sur 12 · Jubinal, Œuvres complètes de Rutebeuf, II · texte numérisé non relu

Jubinal, Œuvres complètes de Rutebeuf, II

Quand les conteurs qui récitaient les hauts faits de Primat nommaient une école plutôt qu'une autre, ils obéissaient tout simplement au caprice du moment, ou bien encore ils voulaient flatter le goût de leur auditoire. De même, il ne faudrait pas accepter sans réserve l'attribution qu'on fait à Primat de toutes les pièces qui ont couru sous son nom. Cette attribution était un moyen d'assurer la fortune des bons mots et des vers plus ou moins burlesques dont s'amusaient les joyeux étudiants du moyen-âge. En un mot. Primat n'est point, à proprement parler, un poète dont la valeur puisse s'apprécier d'après des compositions réelles et authentiques : c'est un type légendaire, c'est la personnification de l'écolier farceur et quelque peu mauvais sujet. Comme tel, il mérite encore d'être étudié : car il nous révèle un côté fort curieux de la vie de nos anciennes universités.

LÉopoLD Delisle.

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