‹ Le poète PrimatChapitre 7 sur 12 · Ihid., XXXI, 2, p · texte numérisé non relu

Ihid., XXXI, 2, p

-18 QUESTIONS D*flISTOmE LITTÉRAIRE.

notre Bernard. Un certain Bernard est qualifié de magister scolœ de l'église de Chartres dans un acte que M. l'abbé Clerval date de l'année 1119^ Une charte de 1124 prouve qu'à cette date maître Bernard avait remplacé son frère Thierri dans les hautes fonctions de chancelier du chapitre^ Il n'y resta pas longtemps, car, à la fin de l'année 1126, le cancellariat de Chartres était déjà occupé par Gilbert de la Porrée.

IL — Comparons maintenant ce que l'on sait de la vie de Bernard de Chartres avec ce que l'on sait de celle de Bernard Sil- V ester.

Nous l'avons déjà dit, en transcrivant tout à l'heure des remarques de M. Hauréau, le style de Bernard de Chartres, dans ses vers que nous a conservés Jean de Salisbury, est le même que celui de Bernard Silvester dans son De mundi universitate. La doctrine est absolument identique. Au point de vue philosophique, il est impossible de discerner la moindre différence entre les idées des deux Bernard.

Bernard de Chartres ne fut pas seulement un philosophe ; ce fut avant tout un grammairien et un lettré. Or, Bernard Silvester est l'auteur certain, non seulement du De mundi universitate, mais encore d'un commentaire sur V Enéide, où il s'attache à démontrer, suivant la méthode attribuée par Jean de Salisbury à Bernard de Chartres, que tous les vers du poème contiennent une leçon de morale. Il a, en outre, formulé les règles du dictamen prosaïque et du dictamen métrique, nous croyons l'avoir étabh. — Au point de vue de l'enseignement des belles-lettres, comme au point de vue de la doctrine philosophique, pas de difierence appréciable entre les deux Bernard.

Bernard de Chartres était le frère cadet de Thierri de Chartres. Or, le De mundi universitate de Bernard Silvester est dédié, dans la plupart des manuscrits, à maître Thierri : « Terrico veris scientiarum titulis doctori famosissimo Bernardus Silvester opus suum. » Ajoutons que le De mundi universitate est une paraphrase poétique des écrits authentiques de Thierri de Chartres^.

1. Les Lettres chrétiennes, V, p. 394. — C'est à tort que M. Hauréau {Mém. de l'Acad. des inscr., XXXI, 2^ part., p. 90) dit que Bernard paraît avec le titre de magister scolœ dans une charte antérieure à 1115. Dans cette charte, Bernard est qualifié seulement de « magister ».

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