‹ Le poète PrimatChapitre 8 sur 12 · Les Lettres chrétiennes, V, p · texte numérisé non relu

Les Lettres chrétiennes, V, p

3. B. Hauréau, Histoire de la philosophie scolastique, I, 407.

Enfin Bernard de Chartres était Breton ^ Or, le surnom Silvester, « sauvage, » paraît avoir été appliqué avec une intention malicieuse, pendant le xii® siècle, aux Celtes du pays de Galles. Gérald de Barri, né dans le Pembrokeshire, est appelé « Giraldus Silvester » ou « Silvestris ^ » Le gallois Merlin est quelquefois désigné sous le nom de « Merlinus Silvester 3. » Au xvm° siècle, on parlait encore en Angleterre des wilcl Welshmen. D'autre part, c'était, au moyen âge, un proverbe que : « Li plus sauvage en Irlande » ; on disait couramment : « Irois sauvages », wild Irish, « gens Hiberniae silvestris^ ». Mais bien des choses étaient jadis communes , comme l'atteste justement l'archidiacre de Saint-Da^id^, aux membres éparsde la Britannia. Les Bretons, qu'ils fussent de la Bretagne cismarine ou de la Bretagne transmarine, galloise, irlandaise ou armoricaine, passaient pour grossiers, arriérés, primitifs. Le sobriquet silvestris n'aurait-il pas été attribué aux uns comme aux autres^ ; et ne faut-il pas entendre, par Bernard Silvester, Bernard le Breton?

La conclusion qui se dégage de ces rapprochements — (même si l'on attache peu d'importance au dernier) — s'impose, à notre avis, avec une telle force qu'elle emporte nécessairement l'adhésion. Reste à savoir à l'aide de quels arguments elle a été récemment contestée.

IIL — Bernard de Chartres paraît pour la première fois dans un acte à date certaine en 1115; pour la dernière fois (dans la lettre de Gilbert de la Porrée) en 1141, et nous savons par ailleurs qu'il mourut fort vieux (senex C arnotensis) .

D'autre part, le De mundi universitate, ouvrage de Bernard

1. Abailard dit qu'il était compatriote d'Éon de l'Étoile, né, comine on sait, au territoire de Loudéac.

2. Giraldi Cambrensis Opéra, éd. J.-S. Brewer, t. I. Londres, 1861, in-S", p. IX, note 1.

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