G. Cambrensis Descriptio Cambrise, I
4. P. Meyer, Le Débat des hérauts d'armes de France et d'Angleterre, Paris, 1877, in-8% p. 138.
5. G. Cambrensis De jure et statu Menevensis ecclesix, p. 130. — Thierri de Chartres était traité de « Béotien », parce qu'il était Breton (v. Journal des Savants, 1884, p. 516).
6. Les noms Sevestre, Sauvage, sont encore aujourd'hui très répandus dans les marches de Bretagne.
20 QUESTIONS d'histoire LITTERAIRE.
Silvester, est daté. On lit en effet, à la page 16 de Tédition de M. Barach :
Munificens Deilas Eugenum commodat orbi, Donat et in solo munere cuncta sibi.
Ces vers ont été évidemment composés peu de temps après l'avènement d'Eugène III, qui fut pape de l'an 1145 à l'an 1153.
Il faut donc supposer que Bernard de Chartres, s'il est, comme nous le croyons, Bernard Silvester, a vécu au moins jusqu'en 1145 et que le De mundi universitate est le fruit de son âge mûr. A vrai dire, nous ne voyons aucune raison qui s'y oppose. Qualifié de « maître » en 1115, Bernard était né probablement vers 1090; en 1145, il devait avoir cinquante-cinq ou soixante ans. Remarquons que Jean de Salisbury ne Ta appelé le « vieillard de Chartres » que dans un ouvrage (le Policraticus) daté de 1155, et dans le Metalogicus daté de 1159. Ajoutons quelei)e mundi universitate est dédié à Thierri ; Thierri de Chartres, frère aîné et maître de Bernard, était-il mort en 1145? Nullement : il était encore vivant, personne ne le conteste, en l'année 1148.
M. l'abbé Clerval, dans un mémoire sobre, ingénieux, mais, à l'user, très peu solide, s'est étonné cependant que le De mundi universitate ait été composé par un homme de cinquante à soixante ans, parce que, pour employer ses expressions, « soixante ans, ce n'est plus guère l'âge des fleurs et de l'imagination ^ » M. Clerval corrobore, il est vrai, cette opinion par la mention d'un nécrologe de l'église de Chartres (dont tous les obits seraient, à l'en croire, antérieurs à 1140), qui contient, au 2 juin, celui d'un certain « Bernard, sous-diacre et chancelier de Notre-Dame 2. » Mais cette soi-disant preuve ne vaut pas, pour deux raisons, dont l'une est décisive. D'abord, il n'est pas certain que l'obit du 2 juin soit celui de Bernard de Chartres ; l'église de Chartres a compté, au commencement du xii® siècle, plus d'un chancelier du nom de Bernard. En second lieu, comme l'a observé M. Hauréau^, le nécrologe cité contient, en dépit de l'affirmation de M. Clerval, plusieurs mentions postérieures à 1140, celle, par exemple, du chanoine Geofîroi Bonnel, qui vivait encore en l'an 1169.