‹ Le poète rustiqueChapitre 20 sur 29 · CHRONIQUE DE JUILLET · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DE JUILLET

Au fort de la chaleur, je rencontrai le Chat Botté. Il s'essuyait le crâne, juste entre les petits cornets de ses oreilles, avec le tissu d'une fleur de citrouille dont on eût dit la robe jaune d'une Espairnole.

— Mon ami, lui demandai-je, vous devez être bien vieux?

— Moins que vous ne le pensez, me répondit-il, car depuis la mort de M. le marquis de Carabas, mon maître, je ne vis qu'un mois par an. Tout le reste du temps, je dors au grenier de la ferme. Quand revient juillet, le chant des moissonneurs me réveille et je sors, et dans les sillons je me mets à la recherche du cailleteau succulent.

Il ajouta :

— Que la plaine est belle! Voyez les longs éclairs de chaleur que lancent les

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faulx à travers le firmament d'or des blés!

Comme il continuait d'éponger sa tôte :

— Je croyais, lui dis-je, que la gent féline ne suait que de la langue?

— Il fait une température exceptionnelle. El puis il faut bien, conclut-il, que parfois les animaux imitent l'homme en quelque manière.

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