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LE MOIS D'AOUT

ZODUQUE

C'est La Vierge, fille de Jupiter et de Thémis, qui entre à présent au C}xle zodiacal. Son nom est Astrée. Quelques savants qui ont des bonnets pointus s'efforcent d'épier chacun de ses mouvements. Leur indiscrétion fait songer à celle des vieillards lorg^nant la chaste Suzanne. Puisqu'on nous rapporte que c'est la perversité des hommes qui oblig^ea Astrée à regagner l'Olympe, d'où elle était descendue un jour d'août, c'est-à-dire en l'âge d'or, nous pouvons inférer que l'inconvenance de ces astrologues fut l'une des principales causes de sa fuite et qu'ils n'ont choisi, les polissons, une carrière si respectable qu'afin d'inquiéter la vertu jusque dans les abîmes de l'air et de la nuit. Mais ils sont déçus, ils n'aperçoivent plus la déesse que sous la

forme de la constellation en quoi elle s'est muée. Parfois même, ce groupe d'étoiles gracieuses leur est caché, la lunette ne leur renvoie plus que l'image du nez qu'ils font.

HOROSCOPE

Si vous naissez dans l'août, Saison du cantaloup, Serez mère féconde.

Croissez, multipliez Comme sur l'espalier La pêche rose et blonde :

Vous aurez un collier De perles de Golconde.

POTAGER

Melon. — C'est l'alcarazas du Bon Dieu. Le soleil y distille une glace fondante et parfumée. O voyageur ! qui vas dans le désert : charge de melons ton chameau.

Tu sauras comme il est agréable de goûter, quand souffle le simoun, à l'un de ces fruits; que sa chair soit glauque comme

l'almXnach du po&tb rustique aSg

lo jade, ou rose ainsi que la rose, ou pâle tel que le miel printanier. Tantôt sa surface est d'un marbre poli, vert et moucheté ; tantôt rujçueuse et d'aspect terreux, et, tantôt il n'a point de côtes; et, tantôt, pour nous rappeler son origine orientale, il forme un faisceau de croissants.

VERGER

Pêche. — Elle est le résumé du soleil : comme lui elle a un noyau entouré d'or et de flamme, et son globe est suspendu parmi d'autres globes, dans l'arbre, comme l'astre entre les astres, dans le ciel. Mais tandis que les mondes s'attirent les uns les autres, les pf'ches attirent les gourmands qui les dépouillent de leur velours cramoisi, les partagent en deux si l'espèce s'y prête, les débarrassent de leur cœur de bois, les convertissent en petites écuelles de vermeil où ils mangent l'ambroisie en buvant le nectar.

Prune. — La meilleure, qui est d'un vert doré, se fendille lorsqu'elle est mûre. Quand les prunes sont confîtes, elles ressemblent à de vieilles filles ridées et brunes, de peu d'apparence, mais qui sont restées bonnes. Elles prennent alors le genre masculin ; on les appelle pruneaux.

JARDIN d'agrément

Poinciana Gilliesii. — Je n'oublierai jamais l'émotion que je ressentis lorsque je découvris, pour la première fois, au jardin botanique de Bordeaux, cet arbuste originaire des Antilles, l'un des plus ravissants que j'aie vus. Sa corolle papilionacée est d'or, et l'aig-rette de ses étamines retombe en pluie de feu. Ce jaune et ce rouge en font un drapeau espagnol, et comme si celui que Colomb planta en abordant au Nouveau Monde avait pris racine.

Laurier-rose. — Il porte des bouquets

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roses ou blancs. Il est rénéneux. On n'ose boire aux rivières algériennes qu'il borde. Sa feuille coriace, ridée, contient des cryptes qui s'ouvrent à la saison des averses, s'approvisionnent d'eau, puis se referment.

Ainsi le dromadaire, qui habite le même pays, et pourrait être victime de la sécheresse du désert, ressemble au laurier-rose ; il met en réserve, au temps opportun, de la boisson dans son estomac.

CIIAMI'S

Les faucheuses ont rasé le blé : la caille chante dans les chaumes parfumés de menthe, qui sont comme des toisons d'or que l'on dirait ouvrées par les quenouilles des maïs, encore dressées, qui les encadrent de leurs métiers.

FLORE SAUVAGE

Bruyère, — On ne sait parfois si c'est

elle qui embrase le coteau, ou si c'est le soleil couchant.

Gentiane, pneumonanthe, acaule, etc..

— Un bleu si intense emplit les flûtes élégantes de certaines gentianes que l'on songe à un banquet où une fée aurait versé dans leur cristal, en guise de vin, l'azur de midi.

FAUNE

La caille. — Elle couve en juin, on la chasse en août. Elle a l'air d'une petite poule marron, avec des stries noires et veloutées. Son aile courte est très incurvée quand elle prend son vol, lequel est rapide et ronflant. Il ne faut pas dire que le tir de ce gibier est tellement facile. Le départ de la caille est très brusque, et d'autant plus inattendu qu'elle piète parfois très longtemps, déjoue le chien qui s'énerve en arrêts nombreux. Il n'y a pas, sinon ceux qu'ima-

l'almana<.h uu l'OkTE iUbiioLi: a43

gine un politicien dans sa course, de lacets plus inextricables que ceux que la caille décrit dans un champ de médiocre étendue. Par un temps de canicule, on la surprend immobile dans un chaume, le ventre à terre, ses petits yeux pareils à des grains de mûre et remplis d'effroi. Sa remise, qui n'excède guère trois cents mètres, s'effectue de préférence sur la bordure d'un champ, dans un millet, dans l'herbe qui borde une haie. Elle tombe facilement sous le coup de fusil, qui l'abîme autant que peut faire le rapport du chien, car ce n'est qu'une boule de graisse, presque pétrissable. Employer le Itlomb numéro 8 est une erreur. Môme le lo est trop gros. Voici son chant : tnc-tn-cut !

tUC'tU-CUt ! iUC'tU'CUt t FÊTES

Assomption. — Que toute pensée de mon cœur soit jetée dans votre cœur qui est

le moule de la divine perfection, s'y purifie, soit enlevée avec vous au Ciel. Je vous confie tout et je ne crains rien. Mère de mes petits enfants.

PAYSAGE

Vangélus pleut sur la mousse où un chasseur est assis et mange. Son chien est à ses pieds. Trois boules de graisse, trois cailles gonflent le filet du carnier. Que profonde est la solitude ! Ne cédons point aux apparences, se dit le chasseur ; imitons le nuage qui ne se laisse pas aller au courant de la rivière, de quelque azur qu'elle l'invite à descendre sur elle :

La rivière ne peut entraîner le nuage, Même quand le beau temps l'a rendu plus léger : Il la laisse s'enfuir murmurante, il est sage, Il s'abandonne au ciel plus sûr que le rocher.

CHRONIQUE d'août

Je rencontrai M. de Craque, un i5 août.

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Je tenais un fusil. Il me conseilla : Laissez Toire arme, il n'est plus pour vous de gibier. Dès l'aube, lapins, lièvres, cailles et perdreaux sont tombés sans méfiance en mon pouvoir. Ils ont tous donné dans le piège que je leur ai tendu, si bien son ouverture est dissimulée !

— Quelle ouverture ? dcmandai-je.

— L'ouverture de la chasse.

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