CES
Ün jeune homme de 25 ans en huit ou dix mois s'était guéri d’un foyer suppurant avec infiltration plus ou moins étendue du lobe supérieur gauche. Sa santé générale élait superbe, l’apyrexie parfaite, les signes locaux avaient disparu. Un beau jour, sans cause connue, la poitrine redevient grasse, l’'expectoration reparaît avec légère température vespérale. C’est la rechute. On pèse le malade. Il a un poids dépassant de pas mal de kilos celui que théoriquement on croit pouvoir lui assigner. A l’auscultation on constate que le domaine des anciennes lésions est redevenu humide. Les crachats sont muco-purulents. L'auteur conclut ainsi : « Pour enrayer tout cela il est nécessaire et suffisant de faire perdre à ce malade son surcroît de belle santé. Il faut équilibrer son budget organique en restreignant son alimentation sur tel ou tel point d’une part et d'autre part en lui faisant prendre de l'exercice. |
« Il perdra rapidement un certain poids, il fera des muscles et l’on admirera avec quelle rapidité le domaine des anciennes lésions pulmonaires se desséchera à nouveau pour revenir à l’état de guérison apparente déjà connue.
« Instruit par cette leçon de choses, le patient saura qu’à l'avenir il ne doit pas dépasser un certain poids à un kilo d’oscillation près. Mais il n’est pas toujours facile d’inculquer à un tuberculeux qui a consciencieusement travaillé pendant des mois à s’engraisser comme
une poularde que cet embonpoint est nuisible, funeste,
mème et qu'il faut revenir en arrière, restreindre son
alimentation, remplacer cet embonpoint de basse-cour
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par des tissus nobles et débarrasser tous les viscères de la gaîne adipeuse qui les englue et gène leur fonctionnement. Heureusement qu’en très peu de temps les malades peuvent s’émerveiller du résultat obtenu en constatant que leur poitrine devient de plus en plus libre, qu'ils toussent et expectorent moins, que leur thermomètre baisse encore le soir. Ils finissent par comprendre que leur embonpoint n’est pas un brevet de santé. »
. C’est ainsi qu'en appliquant une thérapeutique boiteuse on rend un tuberculeux dyspeptique et qu’on peut croire un dyspeptique tuberculeux.
M. Leven insiste sur ce fait que parmi les symptômes de la tüberculose, il en est un que la suralimentation et l'obésité entretiennent ; c’estla toux. Non seulement la toux réflexe gastrique est exagérée, mais encore la toux qui dépend des sécrétions bronchiques. Ce fait-est prouvé par l'influence du régime alimentaire sévère chez les bronchitiques vulgaires et mème chez les enfants atteints de coqueluche (G. Leven. Des dyspeptiques considérés à tort comme des tuberculeux. Revue de la tuberculose, juin 1908, n° 33).
De son livre sur La Dyspepsie, page 97, M. Leven publie l'observation d’un sous-chef de gare (1) qu'il eut l’occasion de soigner en 1900. Le malade avait 44 ans et pesait 95 kilos. Il toussait depuis quinze ans autant l'été que l'hiver. Les bronchites. se succédaient ; l’expectoration était abondante. Il avait une dyspnéeconlinue.
L’auscultation du poumon révélait l'existence de nom-