‹ Le poignard dans le dos; notes dur l'affaire MalvyChapitre 22 sur 74 · VIGO, DIT A.LMBRETDA ET SA BANDE · texte numérisé non relu

VIGO, DIT A.LMBRETDA ET SA BANDE

Or, quelque temps avant la guerre, mon attention, (jui était dirigée sur ces problèmes, fut attirée par l'exis-

tence d'un nouveau journal qui, à ce moment-là, était simplement hebdomadaire, et s'appelait déjà le Bonnet Rouge. Ce journal succédait lui-même à un autre journal également hebdomadaire dont le directeur était M. Paix- Séailles et qui s'appelait le Courrier Européen. Ces journaux, qui passaient pour subir les inspirations de M. Gaillaux, prônaient ouvertement la politique du rapprochement franco-allemand.

Il arriva que sur ces entrefaites je recevais de tous côtés divers ordres de renseignements sur lesquels je reviendrai. Ils me venaient notamment de la Sûreté générale et de la Préfecture de Police.

C'est ainsi que j'appris dans le courant de l'année 1910 que Miguel Almereyda, sous un fatix nom, en prenant le nom d'un littérateur connu, Léo Bonneff, s'était rendu, ou se serait rendu, si l'on met au conditionnel le rapport qui me parvenait, dans les Pyrénées françaises, à la frontière espagnole, au Coral, près de Prats de Mollo, où il se serait abouché avec des agents allemands.

On signalait la présence au Coral, qui est un endroit isolé et abandonné où l'on n'a pas l'habitude d'aller, où les communications sont difficiles et les approvisionnements pas commodes, on signalait sur le registre de l'hôtel, le 3 août, la présence de personnages qui s'étaient fait inscrire sous le nom de Léo Bonneff, de Madame et de leur fils Jean. Or ces indications cadraient précisément avec les personnalités de Miguel Almereyda, de sa femme Mmc Clairo Almereyda et de leur fils Jean. Il y avait en même temps un des lieutenants d' Almereyda, nommé Dolié, qui est mort depuis dans des circonstances mystérieuses, et en môme temps un autre lieutenant d' Almereyda, alors directeur des Hommes du Jour, M. Fabre, qui dirige aujourd'hui le Journal du Peuple, une espèce de succédané du Bonnet Rouge où on retrouve notamment Para, dit « Georges Clairet », ancien rédacteur en chef du Bonnel Rouge.

Tous ces gens faisaient partie de la garde d'honneur de M. Caillaux.

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