‹ Le poignard dans le dos; notes dur l'affaire MalvyChapitre 31 sur 74 · L AFFAIRE GASTON ROUTIER · texte numérisé non relu

L AFFAIRE GASTON ROUTIER

Je voudrais en commençant vous dire quelques mots d'une affaire que je considère comme fort importante et qui s'appelle l'affaire Routier.

Gaston Routier, qui fut journaliste français, qui eut une certaine situation et qui fit plusieurs séjours en Allemagne, a été acheté, au commencement de la guerre, par la police allemande. Il s'est mis au service de la nation ennemie. Tandis que Guilbeaux, dont je vous montrais hier les affinités avec le ministère de l'Intérieur et M. Malvy, opérait son travail de trahison en Suisse, Gaston Routier opérait le sien en Espagne.

En Espagne, il s'aboucha avec Max Nordau. Gaston Routier parait avoir accompli, pendant les premiers jours de la guerre, une besogne assez modeste et assez cachée; mais avec le temps il s'enhardit et s'entendit avec le gouvernement allemand dans des conditions que je ne peux exposer ici mais que j'indiquerai à MM. les Sénateurs juges en quelques minutes au cours du huis clos que je demanderai, si vous voulez hien me l'accorder à la fin de ma déposition.

Gaston Routier s'entendit avec l'ambassadeur d'Allemagne à Madrid, le prince de Ratibor, pour publier un journal allemand de langue française, comparable à la Gazette des Ardennes et au Bonnet Rouge de M. Malvy et qui se serait appelé le Journal de la Paix. Des discussions eurent lieu entre le gouvernement allemand et Routier sur la somme à verser à celui-ci. Routier demandait six mille francs par mois pour ses frais de publication du journal. Le prince de Ratibor consulta le gouvernement de Berlin, lequel déclara que l'on donnerait les six mille francs par mois si Routier pouvait faire entrer le journal en France. A quoi Routier répondit qu'il avait des amis dans le gouvernement français et qu'il pouvait s'engager à faire pénétrer son journal en France. Néanmoins, le gouvernement aile-

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