‹ Le poignard dans le dos; notes dur l'affaire MalvyChapitre 43 sur 74 · LA QUESTION DU CHEMIN DES DAMES. 'J-ÏÏ · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU CHEMIN DES DAMES. 'J-ÏÏ

ncment allemand avait eu connaissance point par point de notre fameuse attaque du mois d'avril, et que. par conséquent, il avait pu parer sur tous ses points à nuire offensive.

A ceci, l'honorable rapporteur M. Pries fait deux objections. La première, c'est qu'il v a des absurdités dans le compte rendu de l'^4 B C. 11 se peul qu'il y ail des absurdités, le rédacteur espagnol a peut-être mal compris ce que lui disaient les \llemands en ce qui touche notamment remplacement de l'artillerie.

Al. PérOS ajoute qu'il est très difficile de dissimuler à L'ennemi (.les mouvements de deux à trois cent mille homme

Lorsque \l. Pérès a écrit son rapport, la preuve n'était pas encore faite que, dans la guerre actuel le, il est très possible de dissimuler à l'ennemi des mouvements de deux à trois cent mille hommes. Nous sommes aujourd'hui plus au courant des conditions dans lesquelles on avait préparé l'attaque du »<> avril et des grandes précautions qui, au contraire, avaient été prises pour assurer le secret de nos mouvements.

On m a fait aussi cette objection que, dans cette attaque du Chemin des Dames, un sergent négligent avait placé dans sa sacoche un plan d'attaque. Ge sous-officier a\ail été fait prisonnier, les Allemands l'avaient fouillé et avaient saisi le plan d'attaque. Par conséquent, ils avaient des renseignements très précis surce qui allai! se passer.

tto objection n'est pas fondée. Ce sergent n'a\aii dans sa sacoche que ce qui concernait le plan d'attaque du fort de Brimont, et pas autre chose. Or, ce n'est p;is seulement en ce qui touche le fort de BriiAonl que les Allemands ont connu notre plan d'attaque.

Le moment n'est pas venu de rechercher quelles ont été les 1 bilités, soit civiles, soit militaires, dans

cette affaire. Ces responsabilités ont été graves, elles ont eu des conséquences extrêmement pénibles, et il était naturel, sachant ce que je savais de M. Malvy, ayant sur

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ce point les précisions de la déclaration de Bornât, et, depuis, d'une autre déposition dont je vais parler, que j'en déduise que l'attaque du Chemin des Dames avait échoué grâce aux renseignements qui avaient été fournis aux Allemands par le ministre de l'Intérieur, par toutes les voies qui seront indiquées ultérieurement.

J'ai remis ces documents, je crois, à la Commission d'instruction. Depuis, on ma fait savoir, et on pourra l'interroger, qu'un caporal, nommé J..., appartenant au 89e d'infanterie au dépôt de Sens, a été fait prisonnier le 16 avril. Je n'ai pas interrogé ce caporal, mais j'ai des renseignements qui me viennent d'un ami sûr, qui le connaît. Ce caporal a été amené devant les officiers allemands, on l'a interrogé sur le nombre des attaques intervenues, et il n'a pas pu répondre. On l'a interrogé ensuite sur quelques autres points, il a donné des renseignements faux. Enfin, sans aucune raison, l'officier allemand qui l'interrogeait lui a dit : « Connaissez-vous M. Malvy, qui est au Gouvernement? » Je vous donne, Messieurs, ce renseignement tel qu'il m'a été rapporté, mais cela coïncide avec le rapport de l'agent secret. Alors, le caporal J... a répondu àjl'offieier allemand : « Non, je ne le connais pas, je n'en ai entendu parler que par les journaux. » L'officier allemand a alors ajouté : « Malvy est un très brave homme, il nous est très sympathique. » (Sourires.)

Je n'ai pas la prétention d'apporter la preuve de cet épisode. C'est un ensemble de faits qui coïncident poui montrer que le ministre de l'Intérieur était en rapports avec ses agents qui travaillaient en Suisse ou en Espagne, et d'autres comme Routier, Rosenberg, Margulics, et qui vous montrent les faveurs accordées à tous ces gens-là .

Tout ceci coïncide avec ce que disent les lettres et documents sur la connaissance de notre offensive. C'est ce qui m'a fait dire que Malvy avait livré notre plan d'attaque du Chemin des Dames. Voilà quelle a été 'origine de mon accusation.

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