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Daudet auraient eu dans le pays et le Parlement l'effet qu'elles <>nt produit sans l'aval, sans la caution de M. Clemenceau. Si, en etîet, on s'était trouvé seulement en présence de la campagne de M. Léon Daudet, on aurait dit : u C'c>! une polémique ardente d'un écrivain royaliste; c'est une campagne monarchiste. » On n'y aurait pas accordé d'aulre attention. Mais nous l'ayons prise au sérieux parce que M. Clemenceau, journaliste, M. Clemenceau, sénateur, a avalisé cette campagne, l'a, pour ainsi dire, cautionnée devant les républicains.
Voilà pourquoi je fais remarquer, en terminant, que la Commission n<* peut pas ne pas entendre M. Malvv auteur de la motion. Ayant entendu M. Malvy, nous devons entendre M. Clemenceau, l'un des accusateurs, nous devons entendre l'autre.
M. Dalbiez. — Pas l'autre.
M". Marcel Sembnt. — M. Forgeot a dit : « Vous ne pouvez pas entendre M. Léon Daudet, parce que vous ne pouvez pas l'obliger à venir devant vous. » Je ne dis pas que nous puissions l'y obliger, mais comme M. Léon Daudet a écrit dans maints articles qu'il réclamait la confrontation avec M. \lal\v, il est très possible qu'il vienne. Dans tous les cas, en le convoquant nous aurons fait notre devoir. Ceci fait, ayant d'une part la plainte de celui qui se plaint, d'autre part, les éléments tant du Gouvernement que de ceux cpii l'accusent, nous ne risquerons plus d'envoyer au Sénat un cahier de papier blanc et nous ne serons pas entrés dans la voie absolue de l'instruction complète.
Plusieurs membres. — Si ! si !
Il y a un principe de droit romain, qui dit qu'un monsieur n'est pas admis en justice à faire valoir sa propre indignité :
Nemo auditur propriam turpitudinem allegans.
Malvy, en enfreignant ce principe, espérait bien que ses amis de la Chambre émettraient un avis
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préalable d'innocence, dont il se serait au besoin contenté. Il avait compté sans l'engrenage de justice, qui exige qu'une affaire, même irrégulièrement amorcée, rentre ensuite dans les voies normales et suive son cours, sans être corrompue par ses origines. Les parlementaires les plus roués sont rarement des psychologues.
A ufi moment donné, Renaudel n'en pouvant plus, cl qui sue sang et eau, s'écrie ingénument : « Moi, je me place sur le terrain de l'innocence de M. Malvy. »
V quoi Desrousseaux dit « Bracke », moins maladroit, bien qu'aussi passionné, objecte aussitôt :
M. Bracke. — Il ne s'agit pas de rien préjuger : il y a intérêt national à ce que les faits soient éclaircis ; et ils ne peuvent l'être que par la juridiction du Sénat. Si M. Malvy est coupable, qu'il soit frappé. Il n'y a pas un homme ici, quelle que soit son opinion, qui ne désire que M; Malvy sorte indemne de l'effort de clarté qu'aura fait le Sénat.
Il serait fastidieux de multiplier les citations. Mais la suivante, qui sera la dernière, montre bien les craintes obscures qui agitaient quelques uns des défenseurs et champions de Malvy, à la pensée que je pourrais renouveler, devant les trente-trois, ma déposition détaillée devant le capitaine Boucbardon. C'est à l'intervention du patriote Galli, ancien compagnon de Déroulède, qu'est due, cette fois, la remarquable dérobade de Renaudel :
M. Galli — La proposition de M. Renaudel comprend deux paragraphes : i° entendre M. Malvy, auteur de la proposition; 20 entendre M. le Président du Conseil.
-le suis disposé à voter La proposition si on entend M. Léon Daudet; sinon, non.
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II. Merlin. - — C'est ce que vient de dire M. Galli que •u\ dire à mon lour : j'accepte en principe la proposition de M. Renaudel, earje levions toujours à la lettre de M. Daudet. C'est un document qui m'apparait comme valable et sur lequel je dois m'appuver.
Je dis donc que, partant de ce point de vue, je suis, dans un luit non pas d'enquête niais d'information, pour la tâche très dure que la Commission doit poursuivre, partisan de la proposition Renaudel et je demande qu'on veuille bien accepter le troisième paragraphe suivant :
u Et éventuellement paiera M- Léon Daudet» comme but d'information et non d'enquête, des questions orales ou écrites. »
1/. Renaud. Jl ne faut pas d'équivoque. 11 n'est pas douteux que toutes ces questions nous divisent ici depuis hier et que nous devons nous prononcer exactement.
Un certain nombre d'entre nous ne veulent passe lancer dans une enquête: il ne faut pas que l'audition de M. Malvv soit un commencement d'enquête. Si la proposition Renaudel doit se borner au dépôt de documents, je voterai « pour » ; si la déposition de M. Malvv doit être considérée comme un commencement, je volerai u contre ».
Il faut donc que la question soit nettement posi
M. lie.naudel. — Je répète ce que j'ai dit : vou^ awv rejeté l'irrecevabilité: vous rejetez le renvoi au Gouvernement ; je ne suis pas très sûr que vous ne rejetteriez | s'il vous était proposé, le renvoi pur cl simple à la Haute- Cour parce que vous sentez les difficultés que vous rencontreriez, et alors que pouvez- vous faire?
Pas autre chose que d'abord essayer de constituer le commencement de notre dossier, et cela, c'est l'infoi lion, ce n'est pas l'enquête.
I\t lorsque nous disons cela ici, même si nous entendons M. Daudet, qu'est-ce que je dis dans ma résolution? Simplement que nous entendons pour la constitution du dossier et pour le jugement définitif que la Commission prendra, à la fois M. Malvy, auteur de la
proposition, et le président du Conseil qui nécessairement a sur la question des choses à nous dire, ou que nous avons à lui demander, à un point de vue politique et non seulement judiciaire.
On demande à entendre M. Daudet, parce qu'il est le principal accusateur. Il ne me semble pas que nous ne devrions pas l'entendre; je crois même que nous le devrions. Mais vous n'êtes pas obligés de résoudre toutes ces questions en même temps. (Mouvements divers.)
C'est une question de bonne foi entre nous. A M. Galli, qui demande l'audition de M. Daudet, je réponds : Lorsque vous proposerez de l'entendre, pour ma part, je l'admettrai ; mais je veux tout réserver ; il ne faut pas que la Commission se barre la route à elle-même.
J'ai été un peu froissé par les paroles de quelques collègues, qui semblaient dire : « pour l'innocence de M. Malvy... » Comme si nous tenions à l'innocence de M. Malvy. Je ne tiens ni à innocenter ou à couvrir M. Malvy, ni à constater qu'il est coupable. Mais nous devons trouver le moyen de savoir ce que nous devons faire. Et nous commettrions cette faute de n'aboutir à rien !
Engageons-nous le moins possible. Je l'ai dit : je ne suis pas pour une extension de la Commission. Mais, bien que je ne sois pas pour l'enquête et que je considère que la Commission peut à tout moment limiter son action, je demande que nous entendions M. Malvy et le président du Conseil, mais pas tout de suite M. Léon Daudet. Si la majorité veut ensuite l'entendre, je donne à M. Galli l'assurance que, lorsqu'il demandera son audition, je la voterai.
J'avais réfléchi au cas où la Commission des trente-trois, que je considérais comme incompétente en l'espèce — vu la suspicion légitime de camaraderie avec l'accusé — demanderait à m 'en tendre. Je comptais faire toutes restrictions sur la partie du