‹ Le poignard dans le dos; notes sur l'affaire MalvyChapitre 24 sur 55 · ENTREVUE AVEC M. MAGINOT · texte numérisé non relu

ENTREVUE AVEC M. MAGINOT

pérée, non pas pour M. Malvy, mais pour M. Caillaux.

C'est alors que M. Malvy prend Leymarie à la direction de la Sûreté générale en lui disant : « Débrouille-toi avec cette liistoire. o Et lui-même disparaît. Il s'en va en villégiature à Veules-les-Roses.

Maintenant que la justice est déclenchée, on prévoit bien qu'il n'y a plus moyen d'arrêter sa marche, car je ne pense pas cju'il v eût parmi vous un sénateur, pas plus qu'il n'y eût un député au courant des choses, qui tolérerait que la justice ne suive pas son cours. Quoique je ne sois pas républicain, je ne fais pas l'injure à un républicain de supposer une seule minute qu'en présence d'un semblable crime contre la Nation, il puisse admettre que les fauteurs de ce crime ne soient pas punis.

LEYMARIE

Levmarie devient donc directeur de la Sûreté générale. Je puis dire, sans être taxé d'exagération, que Leymarie est un bandit, exactement au même titre qu'x\lmereyda et Du val. Il vient d'être condamné pour complicité avec les bandits. Or, qui est complice de bandits est un bandit.

Il s'agit maintenant, chose capitale, de faire qu'Almereydî ne parle pas, car Almerevda est un maître chanteur de premier ordre. Almereyda, se sentant perdu, n'hésitera pas à raconter tout ce quil sait et tout ce q^'il est seul à savoir de ses relations avec Caillaux et de sa complicité avec Malvy.

Leymarie, comme directeur de la Sûreté générale, a forcément la haute main sur les prisons, vigo Almereydn. est un morphinomane, par conséquent, un homme très facile à supprimer. L'argument, pour quiconque a la moindre notion de médecine, se présente tout seul. Oii dira que c'était un homme au dernier degré de la cachexie, qu'on lui a supprimé son poison, que pendant plusieurs jours il l'a réclamé, puis que ne pouvant l'obtenir, il s'e«t tué.

En effet, à point nommé, mais d'une façon extraordi-

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naire, comme si les agents du ministère de l'Intérieur avaient remonté la pendule pour fixer le moment où Almereyda devait tomber, Almereyda tombe. On dit naturellement que c'est un morphinomane, qu'on lui a supprimé son poison, vous savez la suite. On examine d'un peu près le cadavre, et l'on s'aperçoit qu'Ai mereyda a été strangulé. Par qui;* A l'instigation de qui? Je vous laisse, Messieurs, tirer vous-mêmes la conclusion. Quanta moi, je l'ai tirée dès la première minute. Quand j'ai appris par un télégramme , que l'on m'a envoyé de Paris, qu'Almereyda avait été strangulé dans sa prison, je me suis dit : (( Voilà le travail par lequel le ministre de l'Intérieur ferme la bouche à son complice. »

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