M. PERRETTE
M. Perrette, d'abord sous les ordres de M. Moreau, l'a remplacé comme contrôleur général. Il est l'au-
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ago LE POIGNARD DANS LE DOS.
teur du fameux « Livre Rouge » et raconte comment il fut rédigé.
Nous savions, dit-il, que la France était travaillée depuis longtemps par des antimilitaristes, des pacifistes, même avant la guerre. Cette situation devenait intolérable par suite du laisser aller. Nous avons alors résolu de conderjser tous les faits d'après les rapports officiels. Tout ce qui est mentionné dans le « Livre Rouge » est rigoureusement exact.
Ce « Livre Rouge » , dit le témoin, n'a pas été fait pour la Haute-Cour, mais pour éclairer le ministre et M. Mal vy en a eu connaissance .
M. Malvy ayant dit que les rapports de la Préfecture de police dont il a été fait état au o Livre Rouge » sont en contradiction avec ceux de la Sûreté générale, M. Perrette répond que ce sont les mêmes.
M. le Procureur général demande ensuite à M. Perrette des explications sur les fuites du dossier d'Almereyda.
Le dossier Almereyda a été descendu au cabinet du ministre quand M. Moreau était contrôleuT général. Vous connaissiez à ce moment la situation et la composition de ce dossier. Il a été remonté ensuite au cabinet du contrôleur général, quand vous étiez devenu contrôleur général.
Que s'est-il passé à ce moment? Pouvez-vous dire dans quel état se trouvait ce dossier ?
M. Perrette. — Il y a eu une petite confusion dans ce récit. Je vais vous expliquer comment cela s'est passé.
Il y avait dans le dossier des notes diverses de M. Moreau et de moi, notes dans lesquelles nous informions nos cliefs du danger de laisser cet bomme fréquenter le cabinet du ministre. Nous disions que l'on faisait remarquer qu' Almereyda était souvent au cabinet du ministre, que c'était une grave imprudence, car cet individu
LES DEBATS. agi
condamné pouvait entraîner avec iui tout homme politique qui lui accorderait sa confiance. A plusieurs reprises, des notes qui étaient écrites dans le do&sier disparurent. Je m'aperçus de ces disparitions et je cachai le dossier. Je ne l'ai donné qu'à la justice, à M. Drioux, qui me l'a demandé.
Pour arriver plus vite à la déposition de M. Dumas, je franchis celles moins importantes mais néanmoins fort intéressantes de MM. Allée, Labussière, Hyérard, Séjournant et Renard, fonctionnaires du ministère de l'Intérieur.