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Nous avons, en outre, employé un thermomètre à cryoscopie E, c'est-à-dire gradué en cinquantième de degré, avec une graduation s'étendant entre 4° et + 1°. Nous avons placé le suc musculaire extrait comme il est dit plus haut, dans un tube à essai, et introduit ce dernier par sa partie inférieure dans une grosse capsule contenant la glace concassée, afin d'amener le suc musculaire aussi près que possible de zéro. L'avantage fut d'opérer ensuite une détermination plus rapide.
Nous avons aussi, avant chaque mesure cryoscopique, vérifié le zéro de notre thermomètre, en prenant le point de congélation de l’eau bidistillée du laboratoire, afin d'éliminer toute erreur provenant du travail du verre, postérieur à la graduation, ei ayant pour conséquence une rétraction, une diminution de volume de la cuvette thermométrique — ce qui amène un affleurement de la colonne mercurielle vers une graduation + X par rapport au zéro.
Nous avons protégé la cuvette thermométrique d’un petit panier en treillis de platine, et avons adjoint à notre matériel d'expérience un petit agitateur en verre, indispensable pour agiter le liquide dont nous nous proposions de déterminer le point de congélation, le suc musculaire.
Comme il était nécessaire que ce suc recouvre complètement la cuvette du thermomètre, il fallait avoir une hauteur de liquide suffisante. Avec de gros tubes de laboratoire, nous aurions eu des difficultés. Nous les avons donc éliminées en prenant simplement des tubes de 20 millimètres environ de diamètre, et c’est
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ainsi que nous avons gagné en hauteur de liquide ce que nous avons perdu en surface — et de cette manière, un volume de 25 à 30 cmc. de suc musculaire a suffi pour que nous puissions faire une expérience, ces 25 à 30 cmc. représentant le produit d'extraction d’un poids de viande que nous évaluons à environ 90 à 120 grammes, c'est-à-dire un rendement de 35 à 40 %. |
Notre cryoscope étant prêt, et nos tubes contenant le suc musculaire étant placés dans la glace fondante, pour opérer une mesure, il nous suffisait de prendre un tube, d’en essuyer rapidement la partie inférieure et de l’introduire en entier à l’intérieur du cryoscope.
Le thermomètre plongé dans la masse du liquide n'éprouvait aucun changement de niveau, mais au bout de cinq à dix minutes, nous constations une descente très lente du mercure. Nous ne cessions, pas d’agiter pour que l’action du mélange réfrigérant se fasse sentir à tous les points du contenu du tube. Lorsque le sominet de la colonne mercurielle arrivait au voisinage de la graduation —1°50, nous projetions à l’intérieur du suc une très petite parcelle de glace pour faire cesser le phénomène de surfusion dont le liquide était le siège, et c’est ainsi que nous constations une ascension de la colonne mercurielle dont le sommet atteignait un niveau variable, pour s'y fixer, la graduation en regard indiquant le point de congélation du suc, que nous voulions étudier. Nous avons presque toujours opéré une vérification de l'exactitude de ce point, en expérimentant une seconde fois — nous n'avons relevé que des différences de l’ordre du centième de degré.
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Ainsi que nous le disions plus haut, nous projetions un fragment de glace pour faire cesser la surfusion, nous nous sommes ainsi demandé si cette addition de dissolvant n'était pas susceptible d’entacher d’erreur les résultats de nos mesures. Nous ne le croyons pas, car si nous considérons le volume du liquide étudié, soit 25 à 30 cmc., et celui du fragment de glace qu'il faut évaluer au maximum à 1/20° de cm*, nous voyons que le rapport 1/500° est très grand, par suite, l’augmentation de volume vraiment négligeable, ce qui nous permet d'affirmer que, pratiquement, la concentration du liquide étudié n’a pas varié, et, par conséquent, son point de congélation qui est sous la dépendance de cette concentration.
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