‹ Le Point de Congélation du Suc Musculaire des Viandes de BoucherieChapitre 9 sur 27 · APPLICATIONS DE LA CRYOSCOPIE · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DE LA CRYOSCOPIE

. Les applications de la cryoscopie sont nombreuses : la méthode permet là détermination des concentrations moléculaires réelles et équivalentes, la détermination des poids moléculaires, la mise en évidence des réactions : chimiques dans les mélanges complexes. Cette. dernière application est particulièrement inté-

ressante en Biologie ; la plupart des réactions que nous sommes appelés à observer résultent de la scission ou de la désintégration de molécules complexes qui se transforment en molécules plus petites et plus nombreuses, ce qui amène des modifications du point de congélation. Elle pourrait être utilisée avec profit en Bactériologie comme méthode d'exploration des réactions biochimiques dues aux microbes.

Le milieu intérieur des animaux présente, chez les mammifères, une constance à peu près absolue de la concentration moléculaire, qui se traduit par une pression osmotique et un point de congélation indépendants des circonstances extérieures. Cette constance de la concentration moléculaire du milieu intérieur s'étend aux reptiles, aux oiseaux, aux amphibiens et à certains poissons. Tous ces animaux sont désignés sous le nom d’homoïsosmotiques.

Au contraire, les animaux inférieurs (cœlentérés, échinodermes, crustacés) présentent un milieu intérieur dont la concentration moléculaire subit les fluctuations du milieu extérieur : les animaux de cette catégorie, s'ils sont marins, ont un point de congélation du milieu intérieur voisin de celui de l’eau de mer (4 — — 2°3 environ) ; s'ils vivent en eau douce, le point de congélation se rapporche de 0° tout en restant inférieur : ils méritent donc bien le nom de poïkilosmotiques qu'on leur donne quelquefois.

La concentration moléculaire de certains organes ou liquides varie suivant les phénomènes chimiques qui s’y déroulent : on a noté, par exemple, que les œufs de grenouille qui, dans l'ovaire, ont un point de con-

gélation égal à celui du sang de grenouille, présentent une diminution considérahle de leur concentration moléculaire après la fécondation, et il est prouvé que cette modification résulte, en partie, de phénomènes de condensation moléculaire, c’est-à-dire de l’élaboration de molécules complexes.

Le sérum sanguin des mammifères présente un point de congélation fixe, voisin de À = —(0°56. D'autres liquides ou sécrétions, notamment le lait, la bile, certaines sérosités et exsudats pathologiques, les épanchements pleurétiques et ascitiques présentent à peu près la même concentration moléculaire que le sérum sanguin : on les appelle liquides isotoniques. D'autres, au contraire, notamment l'urine, le liquide céphalo-rachidien, la salive, présentent des concentrations moléculaires variables et sont appelés liquides allotoniques.

L'examen cryoscopique des urines a permis de compléter les méthodes d'exploration rénale et de fixer la perméabilité de cet organe: les travaux de BoucxarD ont fait la discrimination entre les molécules élaborées et les molécules non élaborées ; on a établi des rapports qui présentent des variations au cours des divers états pathologiques et qui permettent d'envisager pour ces états un pronostic scientifique.

En ce qui concerne le lait, les recherches de WiNTER ont montré que le point de congélation du lait pur est voisin de — 0°55. La concentration moléculaire de ce liquide diminue par le mouillage, mais non au cours des états pathologiques de la mamelle : cette notion a permis à Marmieu et FERRÉ l'élaboration de leur

constante moléculaire simplifiée. Plus récemment, les travaux. de Ch. PorcHerR et CHEVALLIER Ont permis, par l’utilisation de la méthode synthétique si féconde, de rapporter à chaque composant du lait la part qui lui revient dans l’abaissement total du point de congélation observé. Les recherches de Ch. PoRCHER, qui constituent un exemple que l’on devrait suivre pour chaque liquide de l’organisme, permettent actuellement de solutionner toutes les questions de concentration moléculaire se rapportant au lait.

En ce qui concerne les extraits d’organe, et particulièrement le suc ou sérum musculaire, les recherches systématiques sont rares. BinAuLT signale que le suc extrait à la presse a un point de congélation variant entre —(0°7 et —1°2. Aucun renseignement n'est trouvé en ce qui a trait aux variations de la concentration moléculaire de ce suc, dans les diverses espèces, et suivant les diverses circonstances physiologiques et pathologiques, ainsi qu’au cours des altérations du tissu musculaire, ce que l’on observe si fréquemment sur les viandes de boucherie. Il y à là un chapitre vraiment inexploré et cette raison est la principale qui nous a guidé dans le choix de notre travail.

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