EMPRUNTÉE A L'ARISTOTÉLISME THOMISTE
Nous pouvons faire ce Sommaire assez bref, car il ne contiendra guère d'éléments nouveaux.
Dans le Livre II, notre préoccupation fut avant tout de reconstituer, ou du moins d'interpréter fidèlement, la pensée de S. Thomas. Nous n'avons pu combiner cette enquête exégétique avec la démonstration épistémologique suggérée par elle, qu'au prix de nombreuses redites et d'une marche un peu sinueuse. Malgré la netteté des cadres généraux, notre exposé, tissu de menus indices, appartenant à des contextes très différents, dut sembler assez broussailleux. Et surtout, il ne montrait pas encore clairement dans quelle mesure l'épistémologie métaphysique de l'Ecole serait susceptible d'une transposition au mode « transcendantal ».
Aussi jugeons-nous utile de ramasser l'ensemble de la théorie thomiste de la connaissance en quelques propositions concises, groupées systématiquement sous des points de vue familiers à la philosophie moderne. Nous ne présentons aucunement cette esquisse comme un essai personnel d'épistémologie. Si nous avions la témérité d'écrire, pour notre compte, un Traité critique d'épistémologie, nous nous efforcerions — croyons-nous — de mettre en œuvre les mêmes idées fondamentales, selon une ordonnance générale beaucoup plus simple. Le groupement qui va suivre a surtout pour but de faciliter la comparaison entre le thomisme et les philosophies inspirées de Kant. C'est pourquoi nous avons cru préférable de ne pas nous affranchir complètement de la sériation des points de vue qui nous était naturellement proposée par l'histoire des systèmes retracée dans les Cahiers précédents; il ne faut pas chercher d'autre raison de la division tripartite de ce chapitre: les trois paragraphes qu'on va lire représentent, non des phases subordonnées d'une preuve unique, mais trois approches successives d'une solution, qui n'est complète et décisive, du point de vue critique, qu'à la troisième tentative.