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comprise du mal, permet de lui apporter des remèdes ct c'est là qu'il faut en venir. L'étude doit seulement en être faite sérieusement sans affichage et sans décor, Le retrouver dans l'histoire, permet souvent la reconstitution des mœurs, comme cela facilite aussi l'appréciation des progrès ac-omplis par la civilisation unie à la science.
Ce fait est particulièrement palpable, pour ce qui touche à
l'étude du poison et de ses adeptes. Nul crime n'a semblé plus mystérieux que celui de l'empoisonnement, Nul n'a été de fait pendant longtemps plus difficile à dépister, Aussi sa pratique s'est-elle rapidement répandue des âges les plus reculées iusqu'à nos jours, où il semble possible de le traquer à son tour. Aussi peut-on facileanent refaire le cos des siècles en retrouvant sa trace qui marque chaque époque d'une empreinte particulière à son temps, mais tout de même d'un caractère général. Il fut l'arme des lâches, 1l fut de plus celui des faibles, il fut la vengeance populaire, mais également celle des grands. Une civilisation mieux comprise, une religion plus ferme, une législation plus sûre, une science plus vraie, un féminisme même plus réel, permettent d'espérer de voir un jour le poison disparaître de la criminalité. S'il nous faut ici mentionner le féminisme, c'e
t que de fait, il intervient. La femme sans défense, mal protégée et souvent négligée, fut une des grandes ouvrières de l'empoisonnement, Alors que l'homme avec son égoïsme habituel, s'est réservé ou à peu près l'apanage de la plupart des crimes, la femme avec une certaine complaisance, a voulu devenir empoisonneuse, et tient ercore sur
ce point à sa préséance. Sept fois sur dix de nos jours, l'empoisonnement est … crime de la femme . Le féminisme sur ce point rétablira sous peu les proportions e: nous resterons forcément à votre honneur les seuls et vrais criminels.
1, Joly: Le Crime,
At
Permettons-nous, en soupirant aprés ces jours heureux, une tournée des Grands-Dues dans les bas-fonds de l'histoire. Cette promenade à vrai lire fort peu sentimentale, nous montrera mal-
gré la dur
ié de l'heure présente, que la barbarie pour s'être réveillée chez des peuples où elle n'avait fait que sommeiller, avait tout
de méme cédé jusqu'ici devant la vraie civilisation.
L'origine les poisons se confond malheureusement dans la mythologie avec celle de la médecine, Nous avions eu Ésculape, les empoisonneuses voulurent avoir et Circée et Médée. Les deux magiciennes de la Fable illustrées par Homère ou par EÉuripide, allierent aussitôt les faits si fréquemment retrouvés plus
ard de la sorcellerie et du crime, se montrant en cela des précurseurs complets. Ulys
se à la première, put enfin résister et s'échapper des rives enchantées où s'accumulaient ses forfaits, mais elle avait déjà empoisonné un roi des Sarmates. Jason à son tour s'enfuit des bras de Médée, mais par des bijoux empoisonnés, sa vengeance a déjà touché Creuse, sa rivale, et elle tentera demain de détruire Thésée.
Si les héros résistent aux deux sœurs de la mythologie, les faibles humains du moins suivront bientôt leur exemple. Le crime ne peut rester confiné à la légende, il va à son tour passer dans l'histoire.
Aussi les poisons sont-ils connus et pratiqués dès la Grèce antique". Ils sont contrôlés par l'Etat qui autorise les suicides et fournit les toxiques lorsque les raisons sont valables. La peine de mort est exécutée sous cette forme, et Socrate en buvant la cigüe, ne fait que se rendre à une coutume accepée. A Milet, le poison
1. Littré: Revue des Deux-Mondes 1853. La science des poisons.
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exerce de tels ravages dans la population féminine, que des sutorités doivent mettre en viguet des punitions sévères pour faire cesser la mode,
Alexandre lui-même aurait péri par cetie arme, s'il fallait ajouter foi à la croyance populaire, et l'eau vénéneuse du Styx aurait abrégé les jours du grai! conquérant, Pour celui-ci, du moins, médecine a pu établir un diagnostic rétrospectif et attribuer us simplement sa mort à une fièvre des pays exotiques !, Il reste cependant q1: le poison fut en cause et qu'il l'était souvent, les mœurs sas scrupule permettant son utilisation pour les puissants comme pour le peuple. Mithridate s'habituant à le supporter par un continuel usage ne fait que confirmer ‘1 fréquence de son emploi et la crainte où l'on vivait. Le fait ne fera que se perpétuer dans tous les siècles et ch se curieuse, il continuera de coincider souvent avec des pratique ans nombre de sorcellerie et de magie.
Lorsque Germanicus perit en Orient empoisonné par Pison et sa femme Plancine, on veut faire croire à de simples maléfices, et ue sorcière meurt avant de comparaitre » : procès ?, C'est que les officines de ces imégères fournissent déjà ubstils produits, préparés à aux mixtures chimiques les plus savantes qui sortiront plus tard
vec soin, facilement dissimulables € ai n'ont rien à envier
des fourneaux des alchimistes. Ces compositions du reste, diffèrent fort peu: plantes vénéneuses, virus animaux, substances minérales, toutes se trouvent dans la nature, si franchement bonne et si souvent mauvaise, qui détruit aussi bien qu'elle sait bien reproduire. De la pharmacopée complexe qui dans les philtres de Médée mélange des sucs d'herbe et des perles d'Orient, iles entrailles de loup et des ailes de hibou, des becs de corbeau et la peau d'une vipère *, jusqu'à la “ poudre de succession ” de la Voisin ou à la