Littré: oc, cit, 2. Littré : loc. cit
3 Littré: loc. cit.
patisserie de Madame Lafarge, les toxiques ont fort peu varié. Ils sont les mêmes partout, leur nombre est limité,
Même en ces siècles lointains, certaines de ces drogues semblent foudroyantes. Sur le forum romain, des licteurs piquent au passage de simples citoyens dont on convoite la fortune et qui tombent terrassés. Un chevalier sous le règne de Tibère, absorbe en plein Sénat un poison qui le tue sur le champ, sans qu'on ait le temps de le mener au supplice. L'acide cyanhydrique ne pourrait
mieux faire, et qui sait si ces magiciennes que Sénéque ! appelle de “ grandes artistes ”, n'avaient pas déjà réussi à l'extraire des noyaux des fruits ?.
Voyons, en effet, Canidia, la petite parfumeuse de Naples qu'Horace nous montre en ses œuvres préparant ses drogues complexes. Qu'il la vilipande dans une ode * où il la peint en un tableau semblable à celui des sorcières de Macbeth; qu'il la loue un peu plus loin ou que dans ses satires °, il rappelle ses crimes, ele représente bien le type de l'empoisonneuse, fabricant avec passion ses précieuses recettes. Voyons à côté Agrippine servant à Claude un plat de champignons qui du coup “ l'élève au rang des dieux”. Voyons enfin Locuste sur l'ordre de Néron, préparant un poison rapide qui sera offert à Britannicus avec l'eau chaude traditionnelle que boivent les romains. Ces toiles se succèdent sans qu'on puisse y trouver autre chose que des différences d'écoles. Les couleurs sont les mêmes, les tons seuls varient et la ligne en est toujours grossière.
Ces mœurs de cour si profondément vicieuses, se confondant sur les places publiques avec celles du populaire, suffisent à illustrer les spasmes du paganisme qui meurt dans les derniers siècles