Horace : Epode XV /am jam eflicacido manus etc
5. Horace : Satires I vir.— Vidi egomet nigra succinctam vallere palla Canidiam pedibus nudis passoque capillo.….
EL Re
de l'empire romain. Nous en ressentons les sursaults dans Îles
siècles du moyen âge encore mal imprégnés du christianisme naissant, exagéré dans sa forme, mais incomplet dans son esprit.
Aussi le poison va continuer son œuvre, bien que de façon plus cachée dans les ténébreux châteaux de l'époque et le mystère de ces temps. C’est le moment de la vie retirée, période de transformation entre une société qui meurt et une qui renait ; période d’hésitation mal assise sur les restes du passé, mal établie encore sur les gradins de l'avenir; période cruelle et brutale à l'excès, où les coutumes ne sont pas encore adoucies. Partout les traces du çrime persistent et le poison lui aussi a conservé son rôle. Sous les Mérovingiens, les Capétiens, jusque sous les derniers Valois !, on peut
en scrutant le dossier, sans aller jusqu'à l'exagération de certains
auteurs, retrouver des empoisonnements. N'aurions-nous à l'appui que celui de Charles-le-Chauve, ou la tentative de Charles-le- Mauvais, roi de Navarre, qui a chargé un ménestrel d'empoisonner Charles VI, le duc de Valois son frère, ses oncles les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon *. Ne pourrions citer que l'empoisonnement d'Agnès Sorel par Louis XI, ou les craintes de Charles VIT qui se laisse mourir de faim ou le breuvage que Montecuculli offre au dauphin, fils de François I, que ces données suffiraient à rétablir le chaînon.
L'Italie moderne n'allait pas sous ce rapport, laisser bien loin en arrière l'Italie ancienne. Les luttes familiales, les guerres locales qui armaient l'Italie féodale et toutes les cours pervêrses qui se disputaient chaque ville: les mœurs déréglées qui régnaient sans encombre, la jalousie et l'ambition, le luxe enfin que la Renaissance allait porter à son plus grand développement, tout semblait conspirer pour l'extension du crime et surtout du crime caché et insondable difficile à dépister. C’est l'époque où tous les
1. À. Masson: La sorcellerie et la science des poisons aux XVIIe siècle. 2, E. Muller : Curiosités historiques et lilteraires.
moyens sont bons pour satisfaire ses désirs, où le meurtre n'est rien s’il élève au pouvoir et donne la fortune. C'est l'heure où l'on a tout prévu, où l'on coupe un f-uit avec un couteau empoisonné d’un côté, qui permet de le partager avec l'ennemi qui doit mourir; où au bal, on déchire la main qui se tend avec la bague à griffe qui vous donnera la mort; où la clef qui ouvre une cassette vous inocule à son tour ?, C'est l'heure où l'on meurt du poison destiné à un autre, où l'on doit tout surveiller, amis et courtisans, inconnus et adversaires. C'est l'heure des Borgia à Rome et à Ferrare, de lacquetta que leur a préparé une femme Toffana et qui n'est en somme qu'une solution concentrée d'arsenic ?, ayant fourni plus de six cents empoisonnements dans ce seul milieu. C'est l'heure encore où la cour brillante des Médicis, va joindre le meurtre aux plus grandes manifestations du luxe et de l'art.
Lorsqu'en sortant à Florence du grand hôtel où vous êtes descendu, — et où par dérision du sort, un garçon dans un bar américain vient de vous servir une consommation, en insistant sur le fait qu'il était depuis longtemps barman à Toronto >—lorsqu’en franchissant cette porte du modernisme, vous vous trouvez sur la place, vous sentez heureusement que le passé est tout à côté. Ils vous sont déjà familiers ces bords de l’Arno et ce Ponte Vecchio à l'entrée duquel vous ne pouvez éviter de revoir le Dante et Béatrice. Vous les connaissez de toujours, ces vieilles boutiques sur pilotis qui traversent le fleuve, et dans cette vieille ville entourée de collises, “ comme un bijou dans son écrin ”, vous vivez d'un autre âge qui prolonge ses racines dans l’histoire. Florence la belle qui par son Dôme et son Palais Vieux vous reporte au Moyen âge, comme elle vous attache à la Renaissance par le palais Pitti ou le palais Médicis, Florence la belle n’a conservé que la
1. Larousse : Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle.— Article em— poisonnement,