A. Masson : Loc. cit
basse criminalité. “ Nous sommes arrivés, écrit Guy Patin, à la lie de tous les siècles. ” L'opinion s'en émeut à ce point, que dès 1667, alors que rien encore n'a transpiré de ces crimes spéciaux, Colbert crée la charge de lieutenant de police exercée par LaReynie, bientôt un des acteurs importants du drame à ses débuts Sous ce règne pourtant si brillant d'un Louis XIV, vont apparaître les empoisonneuses qui n'ont ‘en à envier à celles des siècles primitifs de l'histoire.
Ouvrant ce triste cortège qu'elle précède et dont elle se dégage eu premier plan, la plus connue de toutes, la terrible marquise de Brinvilliers. Type parfait s'il en fut de ceux que nos psychologues modernes ont décrit sous le titre d'amoraux, Madeleine d'Aubray, de par son éducation fort négligée sur certains points, verse très à bonne heure dans le vice. Lorsqu'à vingt et un an, en 1651, elle épouse le descendant des Gobelins qui sera demain le marquis de Brinvilliers * sa formation est complète et elle est mûre pour les forfaits qui vont suivre.
Rien ne permet alors d'en prévoir l'étendue. La petite marquise n’a de la criminelle aucun des traits physiques que les disciples de Lombroso se sont plus à décrire. Plutôt jolie, fort enjouée et très en forme, elle coule auprès d'un mari joueur et amuseur, une vie facile, jusqu'au jour où celui-ci confiant et sans crainte, puisque les torts sont de son côté int-oduit chez lui un ami dangereux qui a nom Sainte-Croix #. La famille est dès lors constituée dans cette triple unité que rappelait chez vous dernièrement M. Delamarre et que notre théâtre moderne a cru devoir nous servir comme dernier cri pourtant répété par de lointains échos.
Le mari facile supporte bien la chose; mais la marquise avait
1. P. Clément: Æistoire ae Colbert et de son administration. 2. Funck-Brentanno : Le Drame des poisons.