‹ Le poison dans l'histoire et les grandes empoisonneuses [microforme]Chapitre 8 sur 19 · Funck-Brentanne : oc, cié · texte numérisé non relu

Funck-Brentanne : oc, cié

compté sans l'intransigeance de son père, le lieutenant civil, dont les mœurs plus saines se refusent aux compromissions. Grâce à lui Sainte-Croix est bientôt à la Bastille", d'où il sortira pour retrouver l'amour et chercher la vengeance. Il est de tous ceux de l'époque qui croyaient plus facile de trouver la fortune au fond d’un creuset en découvrant la pierre philosophale, que de la conquérir par de plus âpres travaux. Aussi ces tendances alchimistes l'ont-elles mis en contact avec un homme d'importance en cette science, dont le nom eut pu passer plus sainement à l'histoire. L'étudiant qui apprend sa chimie,—il en est encore, dit-on, —se doute fort peu en cherchant la formule du sel de Glasser ou Sulfate de potasse, que ce grand ancêtre fut le fournisseur de Sainte- Croix et de Madame de Brinvilliers. C'est pourtant chez lui * que la jolie marquise et son bel ami puisaient dans l'arrière boutique du pharmacien en renom, ce qu'ils appelaient simolement “ les recettes de Glaser ” et ce qui devint plus tard la “ poudre de succession ”. Ce n'était en somme que de l'arsenic auquel se mélait, paraït-il, un peu de vitriol et du venin de crapaud.

C'est de cette officine que la marquise sous des airs de petir sainte ?, se dirige sans frémir vers les salles d'hôpitaux où elle ve éprouver le bon effet de ses poisons. Les malades qu'elle fréquente succombent rapidement et en possession de son arme, elle va peuvoir exécuter ses projets. Son père déjà souffrait reclame ses services ; elle s'y rend avec grâce et lentement pour ne pas éveiller les soupçons, elle réussit en huit mois, sans provoquer l'attention à emmener l'issue fatale, après avoir administré plus de trente fois la terrible recette *.

Débarrassée de ce gardien sévère, tyrannique à son sens au même titre que les parents mis en scène par Molière, désormais

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