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LA PÉRIODE RUSSE

Autrefois toutes les communications entre les colonies russes de FAmérique et la métropole avaient lieu en traversant la Sibérie, ce qui entraînait de grands délais, et de plus faisait courir des dangers sans nombre. Lors de Tavènement d'Alexandre I", le capitaine Kruzenstern proposa d'approvisionner désormais ces régions lointaines, auxquelles la cour de Russie attachait une grande importance, à Taide de navires partant de Cronstadt. On devait également essayer de lier des rapports avec le Japon, et étudier la géographie des possessions russes à Test du détroit de Behring. Se rappelant que son aïeul Pierre le Grand avait envoyé une expédition dans ces contrées, à une époque où la marine russe existait à peine, le czar adopta ce plan avec enthousiasme, et mit à la disposition de l'aventureux officier deux vaisseaux, la Nadedga et la Neva. Les navires partirent de Cronstadt le 26jum 1803 et doublèrent le cap Horn le 5 janvier suivant. Une violente tempête les sépara, et ils ne parvinrent à se réunir que le 24 avril dans la baie de

Nouka-Hiva. Le récit de cette expédition fut rédigé avec beaucoup de soin et excita l'attention publique, mais il n'apporta que peu de lumière sur la géographie des hautes régions australes.

A peine l'expédition de Krutzenstern était-elle de retour, que l'empereur envoya le sloop de guerre la Diane dans les eaux du Kamtschatka pour opérer des relèvements exécutés sous la direction du capitaine Golovnine. La Diane arriva en rade de Copenhague le jour même où les Anglais détruisaient arbitrairement la flotte danoise. Ce n'est pas sans difScult«^ que l'expédition put franchir le Sund ; quoique l'Angleterre fût encore en paix avec la Russie, c'est avec peine qu'on lui accorda l'autorisation de se ravitaillera Portsmouth. Après deux mois de délai, Golovnine continua sa route vers les mers du sud avec l'intention dédoubler le cap Ilorn. Mais des vents d'une extrême violence le décidèrent à renoncer à faire route par l'occident. Malheureusement de nouveaux orages écla tèrent dans les environs de Tristan d'Acunha, et Golovnine arriva tout désemparé au cap de Bonne-Espérance. L'hospitalité britannique ne fut pas de beaucoup préférable à ce qu'aurait été celle du roi d'Espagne. En effet, les autorités britanniques prétendirent avoir besoin de recevoir des instructions d'Angleterre, avant de laisser les Russes poursuivre leur route. Pendant treize mois consécutifs elles empêchèrent Golovnine de reprendre la mer. Fatigué d'attendre, le commandant de la Diane profita d'une nuit sans lune et d'un ventviolent du nord pour couper ses câbles, et se sauver à toutes voiles. Il ne s'arrêta que lorsqu'il fut

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