QUAND LA TERRE ÉTAIT PLATE
milieu de tant de périls, leur ordonnait, non de pénétrer dans les régions où s'effectuait le mystère de la respiration du monde, mais de traverser un bras de mer insignifiant, afin de s'emparer d'une île qui s'étendait à leur horizon, qu'ils contemplaient du haut des falaises de la Gaule Belgique, de conquérir une terre fertile où ils savaient qu'ils trouveraient en abondance de rétain, de l'or et des femmes célèbres par leur beauté, les objets de nature à tenter leur avidité.
Mais il y a toujours eu de vaillants esprits, de sublimes imprudents, qui ne se laissent point intimider par les contes de Perrault, dont une science incomplète environne tous ses nonpo88umu8, et malgré les vagues terreurs de l'ignorance sentent impétueusement le désir de se lancera corps perdu dans les régions inconnues.
Au commencement de sa Géographie, Strabon donne les noms d'un grand nombre de voyageurs qui ont essayé au péril de leur vie de reculer les bornes du monde connu, et dont quelques-uns ont réussi à pénétrer bien au delà des limites que l'esprit de système imposait h r humanité.
Au nombre de ces illustres pionniers, que l'anti quité n'avait pas tort de ranger au rang des demidieux, ce grand géographe cite Thésée et Pirithoûs, que la Fable considère comme étant descendus aux Enfers. Strabon, peu crédule de sa nature, ne craint pas d'écrire qu'il suppose que ces traditions se rapportent à de longs voyages accomplis sur l'Océan, en dépit des terreurs vulgaires.