‹ Le pole sudChapitre 7 sur 59 · LCPOLE AUSTRAL DE LA SPHÈRE CÉLESTE · texte numérisé non relu

LCPOLE AUSTRAL DE LA SPHÈRE CÉLESTE

Du centre de la Tefre où Virgile l'a conduit après lui avoir fait parcourir tous les cercles de TEnferet assister à la punition de tous les grands coupables, le Dante s'élance vers un monde nouveau . Il exprime en vers admirables le sentiment de bien-être qu'il éprouve en quittant le séjour maudit des damnés, pour respirer un air pur et contempler les couleurs de Taurore. II se tourne alors vers le pôle austral du ciel, où il aperçoit quatre étoiles formant la constellation connue sous le nom de la Croix du Sud. Il plaint l'hémisphère boréal d'être privé de la contemplation de ce merveilleux astérisme et ne se console qu'en apercevant la grande ombre de Caton avec laquelle il s'entretient.

Ce curieux passage a été l'objet d'une foule de commentaires. Certains auteurs ont prétendu qu'entraîné par son enthousiasme Dante avait voulu faire comprendre ainsi que le ciel lui-même reposait sur la vertu. Des vers du trente et unième chant du Purgatoire où Dante rencontre quatre nymphes qui sont dans le ciel les quatre étoiles de la Croix du Sud et qui rcpré-

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sentent sur la terre les quatre vertus théologales, a pu autoriser cette interprétation, véritableuient digne de l'amant de Béatrice. Quelques autres ont été jusqu'à prétendre que le Dante était sorcier, puisqu'il avait deviné un détail astronomique que personne ne connaissait de son temps.

Les constellations polaires étaient considérées par

La Croix du Sud et les constellations voisines.

quelques auteurs comme deux pivots servant à maintenir Taxe du firmament pendant qu'il exécutait sa rotation. Si les Européens ne voyaient point passer une ligne droite matérielle descendant du ciel sur le pôle, c'est parce que l'immense machine tournait sur des pointes soigneusement vissées de l'autre côté do la sphère étoilée. Il est difficile de se défendre de l'idée qu'Aratus professait cette opinion bizarre.

En effet, voici comment le poète s'exprime, dans ses Astronomiques :

a D'un pas toujours égal, chaque étoile parcourt La courbe où, chaque nuit, sans repos elle court. Gardant toujours son poste, en la sphère du monde, Malgré le mouvement de la machine ronde, Son axe se trouvant, par deux points retenu Contre un ébranlement, est sûrement tenu!

Noms connaissons le bout, consolidé par l'Ourse ; Et celui qui sous terre se trouve enseveli Est aussi, j'en suis sur, comme l'autre embelli Par des astres serrés, en un groupe splendide. Qui servent de pivot et de support solide ! »

Aristote, dont la trace se retrouve dans toutes les parties de la science antique, s'indigne avec éloquence contre les gens superstitieux qui, ayant besoin d'expliquer matériellement le mouvement de la sphère céleste, ont recours à Atlas et supposent que les pieds appuyés sur un des pôles de la Terre, défendu contre l'indiscrétion des hommes par de solides murailles de glaces qui les empêchent d'approcher, le géant fait tourner le ciel avec ses deux bras à peu près de la même manière que dans les comédies de Plante nous voyons un esclave occupé à mettre en mouvement la meule d'un moulin. Dans son Trailé du Cielle Stagyrite s'efforce de démontrer que le mouvement de la sphère céleste est naturel, éternel et régulier, parce qu'elle est formée avec l'éther, substance dont la propriété essentielle est le mouvement divin, c'est-à-dire que rien n'alimente, n'accélère ou ne ralentit.

Cette théorie montre jusqu'à quel point on attachait, dans l'antiquité, d'importance à l'action des constel-

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